SCÈNE IL PHAON, PVTHÉAS
PYTHÉAS
Tu ne suis pas la multitude, Phaoa?
PHAON
Je suis mieux seul ici,
PYTHÉAS
Tu vas passer pour amoureux transi.
PrtAON.
Pourquoi?
PYTHÉAS
Parce que d'habitude Les cœurs épris de solitude Ne sont pas les cœurs sans souci.
PHAON
On marche la tète baissée, Quand on porte dans sa pensée La liberté d'un peuple et la mort d'un tyran,
PYTHÉAS
Je devrais donc avoir la tête aussi pesante, Étant conspirateur avec toi conspirant;
Mais je crois que Phaon plaisante :
La mer Egée, aux bleus sillons,
Du bon Pittacus nous sépare; Je dirai qu'il a les bras longs,
Si de nous, à pareil intervalle, il s'empare. Je ne tremble pas de si loin, Ni toi non plus, homme héroïque; Et si tu te mets dans un coin, Ce n'est pas pour la République.
Glycère et Sapho... quoi! déjà de la rougeur?..
Donc, Glycère et Sapho se disputent l'honneur De te nommer leur maître ;
De toi l'une est aimée, et l'autre voudrait l'être.
De là dans ton esprit grande perplexité ;
Car l'une a le génie, et l'autre la beauté. Ai-je deviné?
PIIAOX.
Je l'avoue ; Mon cœur flotte entre deux amours.
Et Vénus méchamment se joue A. le voir s'égarer dans ses propres détours.