SCÈNE VI
Les Mêmes, ALCEE, suivi par un groupe de jeunes gens. CHOEUR DE JEUNES GENS.
Salut, Alcée, amer poëte, Rapide ennemi des tyrans ^ Salut encor, chantre de fête, Des yeux et des vins transparents I Deux esprits bmlent dans ta tète Et te font grand parmi les grands.
ALCÉE, au peuple.
0 Grecs mélodieux, merci de votre hommage! — Salut, Phaon! salut, Glycère... et Pythéas.
PYTHÉAS
Que l'applaudissement éclatant sur vos pas Vous soit, Alcée, heureux présage, Et qu'un laurier nouveau...
ALCÉE
Que m'importent mes vers!
[1 s'agit bien ici de la palme olympique! Il s'agit de savoir si la race hellénique A pour les opprimés des cœurs toujours ouverts, Ou si notre action contre la tyrannie Par les amphictyons doit être un jour punie.
PHAOX.
Quelle épreuve en fais-tu?
ALCÉn.
Les Grecs de tous pciys Par les jeux solennels sont ici réunis : Au lieu de réciter à la foule attentive Ces vei's harmonieux dont le charme captive, Je vais lui célébrer, d'un mâle et rude accent, Les mains qui des tyrans ont répandu le sang. 5i la foule se tait, nous n'avons rien à faire.
PVTHÉAS, à part.
Je voudrais bien qu'elle se tîit!
Conspirer n'est pas mon affaire.
ALCÊE, c'outinimnt.
Mais si j'éveille en eux leur antique vertu, Et si l'enthousiasme à ma voix les soulève Comme les vents du sud les vagues sur la grève, Avançons hardiment, et, sûrs du lendemain. Au cœur de Pittacus frayons-nous un chemin.
PYTHÉAS, à part.
Ah! fallait-il que je fusse ivre Quand je m'engageai dans leurs rangs, Moi qui suis si content de vivre Et qui hais si peu les tyrans 1