‹ La pierre de toucheChapitre 80 sur 295 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

art, conseille-lui d'y renoncer. Lorsqu'on a le malheur d'avoir écrit une symphonie payée dix-huit millions, on n'a plus le droit de faire de la musique. Son génie, si tant est qu'il en ait, serait toujours fort au-dessous de son salaire.

» Tout à toi. »

(il rend la lettre au baron. — Sileoce.) Mousicur le barrrn. votre nom

est à vendre, je vous l'achète.

A qui croyez-vous parler, monsieur?... Vous vous méprenez étrangement. Oui, j'ai pu penser à rentrer, en vous adoptant, dans une partie de mon héritage, mais à la condition d'y «rentrer tête haute. Vos manières m'avaient plu, et, dans ma pensée, vos intérêts étaient consultés pour le moins autant que les miens. Dès que vous le prenez sur ce ton...

FKA.NTZ.

Pardon, monsieur... j'ai la tête perdue... vous devez le comprendre... Si, comme on me l'a dit-, vous avez de l'amitié pour moi, eh bien, relevez-moi, faites-moi l'égal de ceux qui me foulent aux pieds.

LE BARON

Vous venez de rendre la chose difficile, monsieur.

FRANTZ

Ah! monsieur le baron, ne n'accablez pas... Je vous l'ai dit, j'ai la tête perdue. Vous seul pouvez effacer le soufflet que je viens de recevoir... et je vous supplie!...

LE BARON

A la bonne heure... Mais, si j'y consentais, il est bien entendu que vous vous regarderiez comme mon obligé, et

lU LA PIERRE DE TOUCHE.

qu'une fois adopté, vous auriez pour moi les égards qu'un tils doit à son père.

FRANTZ

Oh ! je vous le jure, monsieur.

LE BARON

C'est Lien, monsieur. Soyez sûr que, de voire côté, quand je vous aurai donné mon nom, vous trouverez chez moi un appui sérieux.

J'y compte, monsieur, et je vous remercie... Partons pour Munich.

LE BARON

Allons, monsieur, partons. Je présenterai demain votre requête au roi. Ce soir, on n'est pas venu chez le musicien Milher; on viendra dans huit jours chez le chevalier de Berghausen. Faites atteler une berline pendant que je vais

prendre un costume de voyage. (Fausse sorUe; il redeacend à la

gauche de Frantz.) Ah çà! plus de Symphonie?

FRANTZ

Soyez tranquille.

LE BARON

Les Berghausen aiment la musique, mais ils n'en font pas; vous n'irez plus divertir les gens à domicile?

FRANTZ

C'est assez d'une fois... c'est trop.

LE BARON

Faites atteler.

Il sort par le fond à gancha.

Page 1