‹ La pierre de toucheChapitre 94 sur 295 · ACTE CINQUIEME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIEME

FRANTZ

Je dois vous apprendre, monsieur, que mon contrat de mariage avec ma cousine se signe demain...

LE BARON

Demain !... pourquoi cette précipitation?

Il faut en finir.

LE BARON

Qui VOUS y force ?

FRANTZ

L'honneur. . . ma parole.

LE BARON

Votre parole?... Le chevalier de Berghausen est-il obligé de tenir les engagements de M. Frantz Milher? L'honneur?... Devez-vous donc une réparation à mademoiselle Frédérique? l'avez-vous compromise ? Vous l'avez recueillie, élevée, nourrie... Elle vous doit tout... vous ne lui devez rien ...

FRANTZ

Je me dis tout cela... et pourtant... j'aime Frédérique.

LE BARON

Que diiible! mon cher, vous pouviez faire un mariage d'inclination, quand vous n'étiez qu'un artiste; mais un gentilhomme n'a pas le droit d'épouser une grisette.

FRANTZ

Une grisette?

LE BARON

Eh! sans doute. Aux yeux du monde, votre cousine ne sera jamais autre chose. Vous vous perdez par le ridicule. On se demandera si vous n'avez revêtu un grand nom que

pour le salir. C'est tout simplement impossible. Je comprends votre situation. Ce n'est pas l'amour qui vous retient, mais une mauvaise honte. Je me charge de tout. Soyez tranquille : c'est votre cousine qui vous rendra votz-e parole ; vous lui donnerez cent mille florins de dot, pour mettre votre conscience en paix, et vous épouserez mademoiselle de Rosenfeld.

FRANTZ, qui a écouté jiisquc-li les yeux baissés, regardant le baron.

Vous vous acquittez envers la margrave, monsieur.

LE BARON

Vous êtes un enfant. Ce mariage est une excellente aflfaire pour vous. J'en ai parlé à Sa Majesté, qui le verra d'un trèsbon œil.

FRANTZ

Vous pensez que le roi...?

LE BARON

Le roi vous tiendra compte d'avoir relevé la fortune d'une des plus anciennes maisons du royaume, et l'aristocratie vous saura gré d'avoir saisi une occasion de restituer l'héritage du comte Sigismond à sa famille. La petite est jolie ; tant mieux pour vous ! Elle est bète : qu'est-ce que cela vous fait? En vous donnant sa main, elle complète mon œuvre, elle donne le sacre à votre noblesse. C'est tout ce qu'il vous faut. La voici.

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