III
Etat normal
id.
yy
N’a pas sué.
Id
id.
Sueur modérée.
Môme sujet
id.
id.
Id.
Insuif, mitrale . . .
Inj.
Urémie brightique .
Inj.
Sueurs prof, vomis-
sement.
Le même, le lende-
Sue moins que la
main
Inj.
veille.
Albuminurie . . . .
Inj.
Sue à peine.
Le même
Ing.
Sue modérément.
Id
Ing.
Id.
Id. ......
Ing.
Id.
Id
Ing.
Bronchite chronique
Ing.
Le même
Inj.
Pleurésie
Salivation seule.
Id
id.
id.
Id.
Néphrite
Inj.
Sueurs profusei.
Le même
id.
id.
Id.
Le même
id.
id.
Ne sue pas.
Prenons un cas normal et étudions les effets du médicament.
OBSERVATION II. — (Personnelle).
B,.., F.. 50 ans, teinturier. — Le 1®*' février, à 2 h. 30, on fait une injection hypodermique de 0 gr. 02 de chlorh. de pilocarpine. — Avant la piqûre, T. 37°, 4. — P. 80. — Aussitôt on observe de la rougeur de la face, et le malade éprouve une sensation de chaleur très marquée, au bout de 2 minutes, salivation et moiteur au front, et sur le devant de la poitrine; après la troisième minute, le pouls est déjà plus ample, presque bondissant.
2 h. 35. La sudation se généralise à tout le corps ; la salivation est en pleine activité. T. 37°,6. P. 96.
2 h 40. La sueur devient très abondante. — Larmoiement. — Coryza léger. — Le pouls est un peu moins ample. T. 37°,6. P. 90.
2 h 45. T. 37°, 7. P 88. Période de pleine sueur. — La salivation est toujours très abondante.
2 h. 50. T. 37°, 6. P. 84. La salivation diminue un peu; le pouls faiblit de plus en plus.
2 h. 55. T. 37°, 6. P. 82. La sueur commence à décliner.' — Le larmoiement et le coryza qui ont été peu considérables, ont pris fin.
3 h. T. 37°, 5. P. 81. Salivation beaucoup moins abondante; pouls faible, misérable.
3 h. 20. T. 37°, 3. P. 80. La sueur a cessé. — Le sujet ressent
un peu de fatigue. — Pas de céphalalgie. — ■ Pouls filiforme,
presque imperceptible.
3 h. 30 T, 37°, 2. P. 76. Le pouls tend à se relever.
3 h. 45. T. 37°, 2. P. 78. Le pouls est plus fort.
5 h. T. 37°, 3. P. 76. Il mange de bon appétit.
Le lendemain, T. 37°, 4.
Ce cas résume assez fidèlement ce que l’on observe à l’état normal.
“ La température axillaire, dit Robin, s’élève graduel- « lement jusqu’au moment où la salivation est bien établie » et où la sudation commence à devenir générale. Cette ' » élévation de la température est d’environ 4/10 de degré fl chez les individus bien portants. Quand la sudation est fl arrivée à son maximum, la température baisse un peu fl mais sans cependant revenir à son degré primitif, qu’elle fl atteint seulement -y^ers la fin du maximum, quand les fl hypercrinies tendent à s’apaiser. A leur déclin, la » température tombe de quelques dixièmes de degré aufl dessous de son point initial et ne revient à celui-ci que fl plusieurs heures après la cessation complète de tous les fl phénomènes sécrétoires ; le lendemain , l’influence du fl médicament ne se fait plus sentir en aucune façon , la fl température reprend son degré normal. Quand la dose fl a été faible, ces diverses variations sont beaucoup moins fl accentuées et le thermomètre descend rarement aufl dessous du degré du début. » Ceci observé avec le jaborandi, s’applique exactement à la pilocarpine. L’élévation du début est constante toutes les fois que les effets sudorifiques sont suffisamment marqués, mais elle est nulle, ou de 1/10 à peine, quand ils ne se produisent pas. La température se maintient tout le temps de la pleine sueur et ne descend que lorsque l’on arrive au déclin. Cet abaissement est proportionnel à la diaphorèse et persiste un temps plus ou moins long, selon que celle-ci a été plus ou moins abondante ; mais, règle générale, le lendemain elle ne se fait plus sentir. — Ainsi le N° 6 du tableau I. — Avant 35°,9; après 33°,4; le lendemain 36°, 7, s’il y a
une dilfëreiice entre la température du matin et celle du lendemain, elle est de 1 à 2/10; peut-on, à un jour d’intervalle, la mettre sur le compte du médicament? — Ajoutons enfin que nous faisons usage de l’alcaloïde en injections sous-cutanées, par conséquent l’effet peut-être non seulement plus prompt, mais aussi plus fugitif, et,- de plus, les vomissements sont rares.
Green (Philadelphia medic. Times, 1875) observe une élévation de température qui diminue avec les effets du jaborandi , mais ne s’abaisse que rarement au-dessous du chiffre primitif, et alors de 1 à 2/10 seulement.
Scotti . a suivi la température axillaire ; elle s’élève de 0,5 à 1 degré avec le début de la sudation ; pendant toute la diophorèse, elle se maintient à ce niveau, descend de 1 à 2 degrés quand celle-ci est terminée et ne remonte que trois à quatre heures après.
« D’une façon générale, la température après l’inges- » tion de l’alcaloïde est toujours inférieure à la tempéra- » ture du début, le soir ou le lendemain du jour où le » médicament a été pris ; elle peut rester stationnaire mais » n’augmente jamais. ( Dumas, thèse de Paris, 1875).
L’opinion soutenue par Dumas, pour ce qui regarde l’abaissement, est vraie lorsque l’action sudorifique a été très prononcée, ainsi qu’il arrive avec les doses élevées qu’employait cet auteur, mais avec une sudation modérée, la température remonte assez rapidement à son taux initial.
Weber admet l’élévation thermique du début, mais il donne comme très fréquente l’absence de cette élévation du premier moment.
MM. Sydney-Ringer et Gould n’ont jamais noté
d’accroissement thermique; ils ont à peu près toujours observé l’abaissement du déclin ; chez les enfants de 6/10 à 2 degrés Farenheit, chez les adultes de 4/10 à 14/10 de degre ; le retour à la normale était effectué entre 1 et 4 heures.
Riegel et Bardenhewer sont arrivés aux mêmes conclusions ; mais ce dernier fait coïncider le minimum thermique avec le mouvement de la sudation, et la température qui s’est abaissée de 5 à 6 dixièmes de degré, remonte en même temps que la diaphorèse diminue, pour revenir finalement à sa hauteur primitive.
Pitois note le maximum de la température entre, la 5® et la 8® minutes ; l’élévation est tombée déjà quand apparaît la sueur, et 20 minutes après la cessation de celleci toute trace d’abaissement a disparu. Les diflPérences entre la maximum et le minimum n’ont jamais atteint 1 degré.
Ainsi qu’on peut le voir il y a presque autant d’opinions que d’auteurs.
Quand la diaphorèse sera très abondante, on note constamment une élévation de 1 à 2/10, rarement plus, qui se maintient pendant le maximum de la sueur, baisse vers la fin de celle-ci pour atteindre son minimum après la cessation des effets physiologiques : la moyenne est 7 à 8 dixièmes, et comme extrême nous avons eu 1®,2 (N® 17 du tableau I), 2®, 5 (N® 6). Cet abaissement dure plusieurs heures, mais jamais ne persiste jusqu’au lendemain, au moins dans la plupart des cas que nous avons suivis, ou, si l’on trouve le lendemain une différence, elle est de 1 à 2/10. Dans ces cas, il y a vomissement ; la face devient pâle ainsi que toute la surface du corps, le visage
a un aspect cadavérique, la contraction pupillaire est intense; enfin, tendance à la syncope; un peu de vin ou d’alcool chauds font disparaître rapidement ces symptômes alarmants. Ce qui est curieux, dans, deux ou trois cas, c’est que, la solution restant la même et la dose ne variant pas, le même sujet, à un moment donné, réagit d’une manière différente.
Nous pouvons rapprocher de ceci deux observations du D"" Del Toro (in La Cronica oftalmologia, novemb. 1882).
1° Un homme de 42 ans est atteint d’atrophie des papilles. Pendant 18 jours on lui injecte 20 gouttes chaque jour d’une solution de 0,05 pour 8 gr. d’eau, le 20® jour on lui injecte 40 gouttes ; des symptômes d’intoxication apparaissent, et pendant 5 jours, il conserve de la faiblesse des jambes.
2° Le deuxième cas est un malade atteint d’hyaloïdite chronique syphilitique; mêmes doses, mêmes effets que chez le premier; apparition des phénomènes d’intoxication, et comme chez l’autre, myosis très considérable ; on pouvait à peine distinguer la petite circonférence de l’iris. Le D"" Del Toro résume ainsi son article ; a L’intoxication par la pilocarpine donne comme » symptômes, le changement de la physionomie, qui a presque l’aspect cadavérique ; la contraction pupillaire » exagérée, le teint pâle de toute la peau, la sueur froide » le ptyalisme très abondant, lipothymies fréquentes. L’inw toxication paraît rapidement ; le vin généreux et l’acétate » d’ammoniaque paraissent indiqués dans ce cas. » Le ly Del Toro ne parle pas de l’atropine, qui est pourtant le contrepoison tout indiqué à cause de l’antagonisme des deux substances, de même que dans l’empoi-
sonnement par la belladone la pilocarpine offre une ressource précieuse qu’on ne devra pas négliger.
Le D*" Juhasz publie un exemple que nous rapporterons ici : [Klin Monasibl. f. augenbl. Mars 1882).
Une jeune fille avait absorbé une solution d'atropine contenant de 10 à 11 centigr. de ce sel. Une denai-heure plus tard, symptômes violents de l’empoisonnement par la belladone : rougeur scarlatineuse de la face, pouls très fréquent, respiration stertoreuse, agitation extraordinaire, sécheresse des lèvres, dilatation pupillaire. Le traitement fut aussitôt commencé : injections hypodermiques de pilocarpine faites coup sur coup (9 centigr. en 10 minutes), puis, injections de 2 centigr. à 5 ou 8 minutes d’intervalle ; 2 heures après, pas d’amendement. On injecte 1 centigr. de morphine qui reste sans effet. Reprise de la pilocarpine (24 centigr. en 2 heures et demie). Amélioration des symptômes. Les injections sont continuées; au bout de quinze heures, retour du sensorium et sommeil réparateur. — 32 centigr. de pilocarpine ont été injectés de la sorte. Au dernier centigr. seulement, léger ptyalisme et sudation insignifiante.
Cette observation est intére.ssante au point de vue de l’antagonisme de l’atropine et de la pilocarpine, si bien mis en lumière par M. Vulpian.
Nous nous sommes écarté un peu de notre sujet; revenons à nos températures. Il résulte de tout ce que nous avons dit que l’abondance de la diaphorèse a une action très importante sur la marche de la température; la salivation a une influence qu’il est diflîcile d’apprécier; cependant, chez le N° 16 de notre tableau I, tous les effets, sauf la sécrétion salivaire, ont fait défaut et, malgré cela, on a un écart de 1° entre la température du début et celle de la fin. Ceci donne à penser que, contrairement à ce
qu’affirme Bardenhewer, l’évaporation cutanée n’est pas la seule cause de refroidissement ; l’action sur le cœur, sur la pupille, la tendance syncopale, quelquefois des vomissements font croire à une action plus intime, plus profonde, sur le système nerveux ganglionnaire.
En résumé : 1° élévation nulle ou faible dans les quelques minutes qui précèdent la sudation ; 2° abaissement admis à peu près par tous les auteurs vers le déclin de la sueur, abaissement proportionnel pour son importance et sa durée à la diaphorèse.
Tel est le résultat auquel nous sommes arrivé en suivant de 5 en 5 minutes la température axillaire chez un grand nombre de sujets. Nous avons voulu comparer les variations de la chaleur dans le rectum pendant le même temps. La difficulté de contrôler l’ascension de la colonne de mercure, sans découvrir le malade et par conséquent l’exposer à se refroidir, ne nous a pas permis de nous assurer s’il y avait ascension, comme dans l’aisselle, au début : A. Robin affirme que non ; quant au reste, nous avons, dans six cas, trouvé un parallélisme complet entre le rectum et l’aisselle; la température centrale commence à baisser en même temps que la périphérique, et se relève avec elle.
Ici se pose la question suivante : la sueur qui s’évapore est-elle la seule cause de l’abaissement de la chaleur du corps; nous n’avons aucune raison pour ou contre, nous ne discuterons donc pas ce point en litige ; nous nous contenterons de signaler deux expériences de A. Robin : il injecte dans la veine fémorale de deux chiens une infusion de jaborandi, et prend la température; colle-ci ne tarde pas à monter pendant plusieurs heures au-dessus du degré
initial. — Il n’est pas nécessaire de dire que le jaborandi n’avait produit aucune sudation chez les deux animaux ‘en expérience.
Température dans les maladies fébriles. — Nous avons exposé dans les tableaux II et III les résultats que nous avons obtenus ; ils concordent assez bien avec ceux qui sont consignés dans le tableau I et avec ceux qu’a publiés A. Robin (in Journ. Théra^. 1874-75) sauf la remarque toutefois que les variations sont beaucoup plus irrégulières et beaucoup moins constantes, N° 1 du tableau II par exemple. On trouve, comme plus haut, une augmentation de 1 à 3/10 au début, puis une descente proportionnelle à la diaphorèse, mais, ainsi qu’il est facile de le voir sur le tableau II, bien souvent au bout de 2 à 3 heures la température est aussi élevée qu’avant, et quelquefois plus, N° 1 et N° 8.
Enfin, le tableau III montre l’effet par comparaison, d’un côté le jour de l’administration du sudorifique, de l’autre, la veille et le lendemain. L’examen des chiffres dénonce une température plus basse le lendemain que la veille, et égale, quelquefois même inférieure , à celle du jour de la sudation ; les différences sont peu considérables et les observations portent sur des pleurétiques dont la courbe est essentiellement irrégulière, ce résultat ne paraît donc pas devoir infirmer les conclusions contraires que nous tirons du tableau II.
En somme, la pilocarpine est un agent que nous ne conseillons pas comme antithermique, alors que nous avons l’acide phénique, dont l’action antithermique a été mise en lumière et précisée par M. le professeur Desplats (com-
municationà l’Académie de Médecine, semptembre 1880) et par ses élèves, MM. Van Oye (thèse de Paris, 1880) et Maquart (thèse de Lille, 1882), puis le salicylate de soude (D*" Bels, thèse de Lille, 1882) l’acide salicylique, le salicylate de bismuth étudié par le professeur Vulpian et par notre Maître, M. le professeur Desplats (Journ. des Sc. méd. Lille, juin 1883).
La pilocarpine est loin d’avoir cette action constante et sûre ; de plus, elle épuise beaucoup les malades par une transpiration abondante; enfin, les troubles qu’elle cause dans l’appareil circulatoire, en font un agent redoutable dans toutes les pyrexies un peu longues, et surtout dans celles qui peuvent faire craindre une dégénérescence du cœur ou même simplement un état adynamique de ce muscle.
Au contraire, dans une angine, une maladie a frigore, elle peut être très utile; et même dans' les grandes pyrexies, alors que la peau est sèche, très sèche, elle soulagera beaucoup le malade , mais son emploi demande à être surveillé de près.
TABLEAU IL Affections fébriles.
No.