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CHAPITRE VI

Principaux établissements de pisciculture en France

ÉTAT ACTUEL DK LA P I SC I C. L LT L U E. — MESLllL.S A l'IlK.NDKE.

Établissement de Bouzey, près Épinal (Vosges).

L'établissement de Bouzey est le plus important parmi ceux qui appartiennent à l'Etat. Il a été fondé en 1881 et met gratuitement à la disposition des pisciculteurs qui s'occupent du repeuplement des eaux une certaine quantité d'œufs de Salmonidés.

L'établissement a été installé dans une ancienne fcculerie acquise pour la construction du réservoir de Bouzey qui alimente le bief de partage du canal de l'Est \ Il est situé à 8 kilomètres de la station de Darnieulles .

Les bâtiments comprennent, au centre, un grand laboratoire ou atelier d'incubation, un vestibule formant petit laboratoire et un bureau; à l'est, des magasins; à Touest, des ateliers,, une glacière et le logement du garde pisciculteur.

Le grand laboratoire a 16'", 50 de longueur, 10 mètres de largeur et environ 3 mètres de hauteur. Il est pavé en partie de dalles de grès et en partie de ciment. Il est éclairé par

1. Notice descriptive de l'Éiablisseinent national de pisciculture de Bouzey. ÉpiDal, 1892.

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cinq fenêtres carrées de l"',80 de côté. Jl contient six tables fixes d'incubation, trois rigoles inférieures et quatre bassins dits de premier élevage.

Tables fixes d'incubation. — Ces tables ont 6"", 30 de longueur chacune, 0™,85 de largeur intérieure et 0'",i5 de profondeur. Le rebord des tables a 1 mètre au-dessus du sol. On maintient dans ces sortes de bassins une profondeui' élevée de 6 à 8 centimètres. Le fond est formé de dalles en ardoises d'Angers de 3 centimètres d'épaisseur, assemblées au ciment de Portland et soutenues par de petits piliers en pierre de taille; les rebords sont formés d'un rang de briques.

Rigoles inférieures. — Au-dessous des tables fixes d'incubation se trouvent trois grandes rigoles dites inférieures; elles ont 0'",85 de largeur, 0"',50 de profondeur, un développement total de 38 mètres. Elles peuvent être divisées en vingt compartiments au moyen de cloisons mobiles en zinc perforé qui glissent dans de petites rainures.

Bassins de premier élevage. — Ce sont des bassins qui servaient aux opérations de la féculerie ; ils sont au nombre de quatre ; construits en pierre de taille, ces bassins ont chacun 4 mètres de longueur, S"", 20 de largeur et 0^^,60 à 1 mètre de profondeur.

Tables mobiles d'incubation. — Ces tables sont faites en planches de sapin de 27 millimètres d'épaisseur; leur profondeur est de 0°',i2 et leur largeur varie de 0™,50 à 0'",67. Elles sont garnies intérieurement d'une feuille de zinc d'environ 1 millimètre d'épaisseur. Leur longueur varie de 2'", 20 à 3'", 40. Elles reposent sur des tréteaux ordinaires. L'établissement possède treize tables mobiles.

Toutes les tables fixes ou mobiles sont munies de couvercles en volige de sapin de 17 millimètres d'épaisseur établies par tronçons de 0*^,90 de longueur; ces couvercles se manœuvrent au moyen de deux poignées en bois.

Alimentation et conduite d'eau. — L'eau nécessaire à l'éta-

blissement est prise dans la rigohi (jui amène du réservoir au bief de partage les eaux d'aliineulation du canal. Une prise d'eau en maçonnerie munie d'une vanne permet d'introduire l'eau dans une chambre de décantation également en maçonnerie. L'eau, avant d'arriver au laboratoire, est Iburniepar une cuveen maçonnerie de briques ayant »*5'",60 de longueur intérieure, 2'", 05 de largeur et l'",80 de profondeur.

L'eau du réservoir est amenée en tête de chaque rangée de tables fixes d'incubation au moyen de trois tuyaux en plomb de 0",055 et O'",0o de diam(Mre extérieur. Deux de ces tuyaux sont fixes; ils ont leur origine dans le réservoir d'eau à 0"',20 au-dessus du fond. Le troisième, qui est mobile, plonge par l'une de ses extrémités dans le réservoir et alimente les tables par siphonnement. Pour l'alimentation des tables mobiles on emploie des tuyaux en caoutchouc de 0'",02 de diamètre intérieur, qui amènent l'eau par siphonnement.

Filtrage, — Le filtre est constitué par une boîte ayant 0'",50 de longueur, 0™,25 de largeur et 0"',30 de hauteur. La matière filtrante est un lit d'épongés de 0'",i2 d'épaisseur, serré entre deux châssis en zinc perforé, garnis, celui de bas en flanelle mince dite finette et celui du haut en épaisse flanelle. L'eau tombe de 0"',30 de hauteur, au sortir de la boîte -filtre, dans un premier compartiment qui garantit les œufs et les alevins contre l'action d'une chute directe. On prend habituellement la précaution de placer dans le compartiment cinq à six Vérons chargés de dévorer les larves ou insectes microscopiques qui sont amenés jiar l'eau d'alimentation même filtrée et qui pourraient nuire aux œufs et alevins.

Outillage. — Les œufs mis en incubation sont déposés sur des claies en baguettes de verre, (jui reposent directement sur le fond des tables d'incubation. Les claies destinées aux œufs de Truite et de Saumon ont 0'",/j8 de longueur et 0"',iG de largeur. Celles qui reçoivent les œufs de Corégones ont O'MO de longueur et O'^j'iO de largeur. Les baguettes en \(i\'vq sont au

nombre de vin^t-cinq à vingt-sept pour les claies à Salmonidés, de trente-trois à trente-cinq pour les claies à Gorégones; elles ont 4 millimètres à 5 millimètres de diamètre et sont placées à environ 2 millimètres l'une de l'autre. Chaque claie peut recevoir environ 2,500 œufs de Truite ou 2,000 œufs de Saumon, ou encore 8,000 à 10,000 de Fera. L'établissement possède 600 claies pour Salmonidés et 50 pour Gorégones.

Mesures pour le comptage des œufs, — Le comptage des œufs se fait au moyen de petites mesures de capacité en ferblanc étalonnées suivant les espèces et la grosseur des œufs. Les dimensions de ces mesures, établies aussi exactement que possible pour contenir 1,000 œufs, sont les suivantes :

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