‹ La pitié sons la terreurChapitre 31 sur 83 · ACTE PREMIER. — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. — SCÈNE IV

Et la Convention , et les deux Comités , Et leurs œuvres de sang , et les iniquités De juges, tellement faits à la discipline. Que par eux chaque jour se meut la guillotine: En arrivant d'Arcis , un noir pressentiment... Mais on m'a dit la lettre un avertissement ; Romps le cachet.

DANTON (ayant ouvert la lettre).

Parbleu ! je la tiens en estime :

Sans signature... encore une lettre anonyme! {Il Ut.)

« Tous mes doutes sont éclaircis ; Ouvre les yeux à la lumière :

Retourne vite dans Arcis , Ou plutôt franchis la frontière :

Tu fais ombrage à Robespierre.

« Après les nobles Girondins Sont tombés les vils Hébertistes ; Maintenant les nouveaux Tarquins Jurent la mort des Dantonistes :

Prends garde à toi ! j'ai vu les listes.

« Sous Tibère peignant nos maux , Camille est tenu pour un traître, Et d'Églantine et Philippeaux Avec toi doivent disparaître :

La République veut un maître.

« Ce maître germe dans le sang Des citoyens tombés sans nombre Sous le triangle obéissant Que meut sans fin le bourreau sombre : Ce maître encore cherche l'ombre ;

« Mais, autour de l'ambitieux, Le vide , à force de proscrire Et de tuer, le vide affreux Se fait, en vertu du martyre :

Robespierre marche à l'empire. »

C'est absurde ! jamais Robespierre , un rhéteur , Saint-Jusl, un utopiste, un aride penseur, Couthon , un cul-de-jatte, erreur de la nature , Dans leur plus fol orgueil ne me feraient l'injure De me croire en ma force à ce point amoindri Qu'ils pussent triompher.

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