‹ La pitié sons la terreurChapitre 41 sur 83 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

TAPEDUR , marchand de chansons. FIERABRAS, marchand

de journaux.

TAPEDUR.

Te voilà, Fierabras.

K1ERABRAS.

Te voilà , Tapedur.

TAPEDUR.

Toi, marchand de journaux.

FIERABRAS

Et toi , chanteur obscur.

Le commerce va-t-il ? Est-ce qu'on chante encore ?

TAPEDUR.

Toujours, on. chante tout : le drapeau tricolore , Les Girondins proscrits , Marat assassiné , Gobel le renégat, Hébert guillotiné ; Mon faiseur a chanté jusqu'à la guillotine.

FIERABRAS

C'est fort !

TAPEDllR.

Il chanterait la peste, la famine, Des peuples insurgés les révolutions , Des trônes abattus les restaurations, Tout lui sourit: sa muse a toujours même zèle, Souple avec tout pouvoir , à tout succès fidèle ; Dès qu'un événement passe , le lendemain Arrive sa chanson, surtout quand il a faim. Toi , Fierabras , vends-tu tes feuilles par centaines ? Fais-tu de ces grands coups , as-tu de ces aubaines Comme je t'en ai vu dans les jours de déblai , Le Vïngt-et-un Janvier et le Trente-et-un Mai , Chers et gais souvenirs de deux bonnes ribottes ?

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