ACTE IL — SCÈNE III
De plaire aux grands il n'avait nul souci , Voulant du joug sauver la race humaine ; Aux oppresseurs, aux prêtres, sans merci Faisant la guerre, il s'attirait leur haine.
Malheur à ceux qui proclament les droits Des nations ! — Toute fière doctrine Est combattue ! — Alors la guillotine N'existait pas: Jésus fut mis en croix. Et ce pendu, qui brava le martyre , Avait pourtant raison , quand aux oisifs Qui se gorgeaient , il arrachait l'empire, Et démasquait sans peur les prêtres juifs.
Or il advint qu'en un jour de disette, Les indigents criaient : « Nous avons faim! <• Pitié, pilié pour nous ! un peu de pain? »
— cDu pain? Chez nous la misère est complète; « Adressez-vous aux riches : dites-leur '< De tout porter aux temples : de grand cœur, « Si dans nos mains arrive l'abondance , « On nous verra secourir l'indigence. »
Les. malheureux le dirent aux richards , Qui, dans leur foi simples, de toutes parts Aux prêtres juifs portèrent leurs offrandes. De l'arbre saint les branches sont gourmandes. Les prêtres juifs gardèrent tout. — Caffards ! Ils ont servi d'exemple à nos prébendes.
FIERABRAS
Bien tapé ! c'est du bon.
TAPEDUR.
C'est vieux et c'est nouveau.
FIERABRAS
C'est un vin généreux d'un excellent tonneau.
TAPEDUR.
C'est de l'histoire.
FIERABRAS
Non, c'est de la comédie.
AIGLEBOIS.
C'est d'un Livre sacré l'ignoble parodie. SCÈNE IV.
Les MÊMES. LAUTOUR, à la tête d'un peloton de gardes nationaux. LAUTOUR (à Lafleur).
Citoyen, je t'arrête, obéis à la loi;
La section Brutus te réclame, suis-moi.