CAMILLE DESMOULINS
ton, m'approuves-tu? J'ai détruit et je fonde.
ind , à son dur sommeil arrachant le vieux monde,
itre une monarchie , arrivée au déclin ,
dlait soulever la foule , le tocsin
mait dans mes discours , et le peuple en furie
r^itùt dans l'émeute , ivre au nom de patrie.
révolte parut le plus saint des devoirs.
rs porter la flamme à tous les désespoirs ,
'itS LA PITIÉ SOUS LA TERREUR.
M Ecraser de sa honte un suranné régime , ^"
Fut une tâche noble , auguste , légitime.
Du passé, l'ouragan emporta les débris,
Et la France applaudit l'héroïque Paris.
La Révolution tonna comme la foudre :
D'un sceptre par nos mains brisé, d'un trône en poudré''
Surgit la RépubUque , au visage serein ,
Coiffant sans appareil le bonnet phrygien ;
La République pure, audacieuse et fière;
Fière de racheter ses fautes par la guerre ;
Fière , quand l'ennemi l'appelait aux combats ,
D'armer ses légions de citoyens-soldats ,
De secouer la peur sur l'Europe irritée ,
De venger dans le sang sa frontière insultée ,
De rompre tous les jougs , et , refondant les lois ,
De jeter des défis , épouvante des rois.
Chacun de nous, sans peur, fort de sa conscience, Travailla sans relâche au salut de la France ; '■
Mais le but poursuivi n'est-il pas dépassé ? Quand j'ai vu l'échafaud , sur nos places dressé , Fatiguer les bourreaux à décimer les têtes. J'ai (quel pressentiment!) tremblé pour nos conquêtes, Et mon cœur , qui connaît l'amour et l'amitié , Dans le commun péril a senti la pitié.
ACTK PIlEMIhK. — SCKNK PRKMlkftK. 413
rime 1 la Tui rcur , s'érigeant en systùme ,
Il ne sait quel tyran laisse le diadème
ndre , comme la Un d'un règne détesté
l'excès délirant tûra la liberté.
uid la liberté crie assistance, ma plume
onde vaillamment un courroux qui s'allume ,
veut l'entretenir dans Le Vieux Cordelier.
, le patriotisme aura son pur foyer ,
sur les Comités, meurtriers en démence,
a planer un mot, le doux mot de clémence.
iton m'approuves-tu?
DANTON
Camille , il est trop tard !
char est emporté : ses maîtres , au hasard , îhers ambitieux , tirent sur chaque rêne , urtent chaque poteau, limite de l'arène... 'ils tombent !.. Que m'importe? Ai-je la charge , moi, itriller leurs coursiers, de les brider? Eh quoi! d-je pas fait assez en ouvrant les barrières ? i faudrait-il encor leur combler les ornières , •e au peuple affolé : « Tu n'iras pas plus loin » ? ngtemps acteur , je suis impassible témoin ;
Je n'ai plus qu'un principe : « Ici-bas rien de stable , » Et n'aime que deux biens : « Les femmes et la table. »