‹ La pitié sous la terreurChapitre 3 sur 54 · CAMILLE DESMOULINS · texte numérisé non relu

CAMILLE DESMOULINS

ton, m'approuves-tu? J'ai détruit et je fonde.

ind , à son dur sommeil arrachant le vieux monde,

itre une monarchie , arrivée au déclin ,

dlait soulever la foule , le tocsin

mait dans mes discours , et le peuple en furie

r^itùt dans l'émeute , ivre au nom de patrie.

révolte parut le plus saint des devoirs.

rs porter la flamme à tous les désespoirs ,

'itS LA PITIÉ SOUS LA TERREUR.

M Ecraser de sa honte un suranné régime , ^"

Fut une tâche noble , auguste , légitime.

Du passé, l'ouragan emporta les débris,

Et la France applaudit l'héroïque Paris.

La Révolution tonna comme la foudre :

D'un sceptre par nos mains brisé, d'un trône en poudré''

Surgit la RépubUque , au visage serein ,

Coiffant sans appareil le bonnet phrygien ;

La République pure, audacieuse et fière;

Fière de racheter ses fautes par la guerre ;

Fière , quand l'ennemi l'appelait aux combats ,

D'armer ses légions de citoyens-soldats ,

De secouer la peur sur l'Europe irritée ,

De venger dans le sang sa frontière insultée ,

De rompre tous les jougs , et , refondant les lois ,

De jeter des défis , épouvante des rois.

Chacun de nous, sans peur, fort de sa conscience, Travailla sans relâche au salut de la France ; '■

Mais le but poursuivi n'est-il pas dépassé ? Quand j'ai vu l'échafaud , sur nos places dressé , Fatiguer les bourreaux à décimer les têtes. J'ai (quel pressentiment!) tremblé pour nos conquêtes, Et mon cœur , qui connaît l'amour et l'amitié , Dans le commun péril a senti la pitié.

ACTK PIlEMIhK. — SCKNK PRKMlkftK. 413

rime 1 la Tui rcur , s'érigeant en systùme ,

Il ne sait quel tyran laisse le diadème

ndre , comme la Un d'un règne détesté

l'excès délirant tûra la liberté.

uid la liberté crie assistance, ma plume

onde vaillamment un courroux qui s'allume ,

veut l'entretenir dans Le Vieux Cordelier.

, le patriotisme aura son pur foyer ,

sur les Comités, meurtriers en démence,

a planer un mot, le doux mot de clémence.

iton m'approuves-tu?

DANTON

Camille , il est trop tard !

char est emporté : ses maîtres , au hasard , îhers ambitieux , tirent sur chaque rêne , urtent chaque poteau, limite de l'arène... 'ils tombent !.. Que m'importe? Ai-je la charge , moi, itriller leurs coursiers, de les brider? Eh quoi! d-je pas fait assez en ouvrant les barrières ? i faudrait-il encor leur combler les ornières , •e au peuple affolé : « Tu n'iras pas plus loin » ? ngtemps acteur , je suis impassible témoin ;

Je n'ai plus qu'un principe : « Ici-bas rien de stable , » Et n'aime que deux biens : « Les femmes et la table. »

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