‹ La place de la gastrectomie de gauche à droite dans le traitement des ulcères gastro-duodénauxChapitre 67 sur 68 · UN EXAMEN PULMONAIRE · texte numérisé non relu

UN EXAMEN PULMONAIRE

LA RECHERCHE DE LA TENDANCE VAGO-SYMPATHIQUE qui est appréciée par la prise du réflexe oculo-cardiaque.

Nos maîtres ont toujours vérifié que les sujets sympathicotoniques (réflexe oculo-cardiaque positif) étaient plus résistants à l’acte opératoire que Îles sujets vagotoniques (réflexe négatif).

Le sulfate d’atropine injecté à la dose de 1/4 à 1/2 mgr. permet d’équilibrer un sujet hyper-vagotonique.

Bilan cardio-vasculaire : auscultation du cœur.

Le recherche du test de Crampton n'a jamais été négligée. Le D' LARGET y ajoute la prise de la tension artérielle après effort. |

Un mauvais test de Crampton a toujours été le présage de choc opératoire, d’atélectasie pulmonaire et d'hypotonie vasculaire.

En possession de tous ces renseignements consignés sur la feuille de température, le chirurgien peut alors décider l'intervention ou y surseoir, selon qu'il les juge favorables ou non.

IV. - Nous avons décrit ensuite la technique opératoire mise au point par nos maîtres, les Docteurs LAMARE et LARGET, et qu'ils suivent dans la plupart de leurs gastrectomies. Cette technique est remarquable par les points suivants :

A) L’ablation de l'estomac est effectuée de gauche à droite.

PRET À à NO

B) La section de l'estomac est facilitée par lutilisation de la pince de Von Petz, qui permet d'enlever la lésion «en vase clos » et de raccourcir notablement la durée de l'intervention.

C) Les sutures gastro-intestinales sont faites à laide de surjets de catgut, suivant une technique de bord à bord dérivée de celle de ROBINEAU.

Les anastomoses en deux plans :

— deux plans postérieurs : un séro-séreux un total — deux plans antérieurs : un muco-muqueux

un musculo-séreux.

D) Dans vingt-cinq cas, le duodénum a été fermé par une double ligature au fil de lin n° 2. Dans tous les autres cas, il fut suturé en plusieurs plans.

E) L'intervention est menée avec le minimum de traumatisme pour les tissus, sans brutalité dans les décollements et sans tractions excessives : Les pédieules importants sont infiltrés de solution novocaïnique à 1 % avant d'être liés et coupés.

Tout est mis en œuvre pour respecter la « souffrance muette » de l'organisme, source importante de choc opératoire.

L’anesthésiste surveille la tension artérielle, ïl avertit le chirurgien de ses modifications importantes et y remédie par des injections intraveineuses appro-

priées.

L'intervention dure en moyenne quatre-vingts minutes, plusieurs furent réalisées en quarante-cinq minutes.

L'exérèse d’ulcères calleux, difficilement inextirpables, n’a jamais demandé plus de deux heures.

Sans lutter contre la montre, l’opérateur s’est toujours efforcé de réduire au maximum la durée de l'acte opératoire. L'utilisation de la pince Von Petz permet de gagner du temps et réduit les

manœuvres septiques au minimum.

V. - Commence alors la période post-opératoire, durant laquelle l’opéré sera suivi minutieusement :

— Prise de la tension artérielle, — Détermination de la tension différentielle, — Recherche du temps de coagulation,

— Prise du réflexe oculo-cardiaque.

Ces éléments, transcrits sur la feuille de température, sont objectivés par trois courbes durant tout le séjour du malade dans le service de chirurgie.

Une courbe rouge pour la tension artérielle.

Une courbe bleue pour le temps de coagulation.

Une courbe verte pour le réflexe oculo-cardiaque.

Ainsi, à chaque moment, le chirurgien peut se. rendre compte d’un coup d’œil sur la feuille de température de l’état de son opéré.

Toute modification anormale de l’une ou de plusieurs de ces courbes entraîne systématiquement une thérapeutique appropriée.

Le bilan pré-opératoire a permis d’ailleurs de prévoir la plupart des complications et l'expérience prouve que celles-ci sont précédées par des modifications importantes des courbes.

VI. - Nous présentons vingt-huit gastrectomies réalisées par nous durant notre internat à l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, sous la direction de nos maîtres, et qui se répartissent ainsi :

A) Vingt-quatre gastrectomies à froid : deux de nos opérés sont décédés, l’un de choc opératoire à la suite d’une gastrectomie difficile imposée par un volumineux ulcère peptique terrébrant dans le mésocôlon et ayant nécessité une jéjunectomie.

L'autre, de fistule. gastrique au soixantième jour.

B) Quatre gastrectomies d’urgence pour ulcère perforé sans mortalité.

Soit une mortalité globale de 7 %.

VII. « De 1942 à 1946, 190 gastrectomies pour ulcè- : res furent ainsi pratiquées et suivies au Centre chirurgicale de St-Germain-en-Laye. Le séjour moyen des opérés fut de quatorze jours.

Nous avons eu à déplorer douze décès, soit 6,3 % de mortalité.

Celle-ci est différente suivant le siège de l’ulcère : 3 décès pour les ulcères de la petite cour-

Dürer ARE A Aa NE 5e à 4 % 3 décès pour les ulcères duodénaux ...... 45 % 0 décès pour les ulcères antro-pyloriques . 0 %

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