CONCLUSIONS
En matière de traitement sanglant de l’arthrite sèche de la hanche, nombreuses ont été les interventions proposées. Parmi celles-ci, beaucoup ont donné des résultats douteux et inconstants ; d’autres se sont révélées trop importantes pour une affection ne mettant pas directement en danger la vie du malade.
Devant ces faits, certains ont cherché à mieux adapter l'importance de l'intervention à la lésion elle-même, tout en cherchant à obtenir les meilleurs résultats possibles. Parmi les méthodes nou-
velles proposées, il en est une : la résection mode-
lante du rebord cotyloïdien, imaginée par SMITH- PETERSEN et défendue par SorREL en France, qui nous a semblé devoir être particulièrement intéressante.
.— L'étude étiologique et clinique nouûs a montré la fréquence parmi les coxarthriques, de sujets obèses et peu résistants, imposant donc au chirur-
Ne
gien des méthodes peu schockantes, à suites opératoires simples, à lever aussi précoce que possible.
— L'examen des lésions anatomiques nous a conduits à envisager comme siège habituel des lésions, la partie antérieure et supérieure de la tête et du cotyle, et a mis en évidence « l’accrochage » de la tête fémorale sur le rebord cotyloidien et sur la face profonde de la capsule articulaire, ainsi que la tendance de la tête à se libérer du cotyle trop étroit. Cette étude a révélé, également, l'importance des lésions capsulo-synoviales associées.
— C'est en partant de ces diverses notions, que l’acétabuloplastie a été imaginée ; son idée directrice est, en fait, de laisser le libre jeu de la tête en faisant sauter le mur qui la bloque en avant, et en joignant à celte ostéotomie, une résection large de la capsule, afin de supprimer au maximum les chances de blocage nouveau de l'articulation. Ainsi, la tête pouvant se mouvoir à l'aise, les conséquences mêmes de son « grippage » doivent disparaître, à savoir : douleurs et limitation des mouvements. Ce principe est parfaitement applicable, sans danger de luxation, si on a soin de ménager le toit du cotyle.
— La technique de l'intervention est nt réalisable par tous, sans instrumentation spéciale. Elle consiste, après découverte par des voies
d'abord anatomiques, sans délabrement et sans hémorragie, à réséquer toute la hauteur du rebord antérieur du cotyle et toute la partie antérieure de la capsule articulaire, en y adjoignant, si néces- saire, un modelage à la demande de la tête fémo-
rale et du cotyle.
Les soins post-opératoires sont réduits au minimum, consistants en une simple immobilisation de 8 jours par extension continue ; le lever est autorisé au quinzième jour : la marche est reprise progressivement et la mobilité de l'articulation est entretenue pendant plusieurs mois par une gymnastique post-opératoire.
Donc, au total : une intervention menée sans délabrement musculaire, sans hémorragie, d’une façon simple, bénigne et rapide, tant dans sa technique que dans ses suites opératoires.
— À la lumière des observations recueillies, les résultats de l’acétabuloplastie, envisagés en euxmêmes, semblent des plus satisfaisants, puisque dans tous les cas l’indolence est absolue et se maintient et que, dans la majorité des cas, une mobilité relativement étendue est conservée.
Comparée aux autres méthodes thérapeutiques, la résection modelante du rebord cotyloïdien semble supérieure, pouvant toutefois, quant à ses résultats et quant à ses indications, être mise en
parallèle, plutôt qu’en opposition avec la section du nerf obturateur et la résection arthroplastique de la hanche. Cette dernière intervention cependant, ayant contre elle des indications trop limitées du fait de l’importance même de son acte opératoire, il semble que l’acétabuloplastie puisse lui être préférée, comme donnant, à moins de frais, des résultats de même qualité.
Les indications, bien que basées actuellement encore, sur un trop petit nombre d'observations, semblent être étendues ; un nombre important de malades, présentant même de légères tares physiques, telles qu'obésité ou état général médiocre, doivent, pensons-nous, pouvoir en bénéficier. Seules les très grosses déformations osseuses, avec impotence telle qu’elle fait des sujets des infirmes, semble devoir être considérée comme une contreindication.
— En conclusion donc, nous avons essayé de présenter une intervention qui soulage le malade, et est susceptible d'apporter une réelle amélioration à la fonction de l'articulation. « Du point de vue du rhumatisant, comme du point de vue du rhumatologue, c’est une intervention qui apporte quelque chose » (MAssaRT). ,
Elle présente le considérable avantage d’être simple dans la technique, bénigne et rapide dans
ses suites opératoires, sans immobilisation prolongée, d'être étendue dans ses indications, d’améliorer dans une large mesure les malades qui souffrent et dont la fonction de la hanche est souvent profondément troublée.
. Nous avons pensé qu'elle méritait d’être mieux connue et mieux appréciée.
Elle semble donc avoir droit à une place de choix dans le traitement de la coxarthrie.
Ces conclusions sont appuyées sur les résultats à distance de dix-sept observations, soit dix-neuf interventions.
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| Guwenr GIDEL.