CHAPITRE V
Avantages du procédé du Professeur Moure.
Nous ne nous arrêterons pas à démontrer le défaut d’esthétique par trop visible des cicatrices rétroauriculaires obtenues après l'antrotomie sans aucune fermeture; il reste, en effet, des trainées cicatricielles considérables qui sont parfois chéloïdiennes. La plupart des auteurs qui ont imaginé de nombreux procédés variés pour obturer la plaie opératoire cherchent à laisser la trace la plus esthétique que possible au niveau de leur incision rétroauriculaire, mais provoquent le plus souvent de nouvelles cicatrices autour de la première et par ce fait seul la rendent plus disgracieuse.
Nous pouvons reprocher, par exemple, aux procédés de Mosetig-Moorhof et de Stacke de laisser une cicatrice sur le cou et de ne pas relever le pavillou de l'oreille qui est demeuré abaissé après l’évidement. Laurens et Stacke laissent une plaie qui va bourgeonner et formera ainsi une nouvelle cicatrice; ou bien l'on posera des greffes de Thiersch qui seront encore une complication opératoire. Du procédé Lermoyez et Mahu, nous dirons que l'incision libératrice en arc de cercle, nécessaire pour assurer le glissement en bas des téguments mastoïdiens et empêcher ainsi les déchirures au niveau des points de suture, est une complication opératoire et peut laisser une cicatrice. En outre, le résultat obtenu par l'accolement du pavillon au crâne est d’un effet des plus disgracieux.
Le procédé du Professeur Moure est de beaucoup le moins
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compliqué. La fermeture est faite en un seul temps aussitôt après l'opération, elle est terminée en quelques secondes. Mais les avantages les plus intéressants sont les résultats esthétiques que l’on obtient avec ce procédé. Une seule ligne d'incision, située exactement dans le pli rétroauriculaire; cette eicatrice disparait entièrement derrière le pavillon, l'orifice du drain ne laisse aucune trace, les points de suture pâlissent et ne peuvent plus être vus après un laps de temps très court. Le pavillon n'est pas du tout dévié, et dans la région rétroauriculaire l’on ne voit aucune trace d'intervention.
Les très nombreux malades que nous avons pu revoir, à des époques plus ou moins éloignées de leur opération, ne présentaient pour ainsi dire aucun indice laissant supposer qu'ils avaient été opérés pour mastoïdite. L'examen attentif seul de la région laissait apercevoir une petite trainée blanchâtre, signature élégante d’une intervention antérieure.
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