SCÈNE VI
LA BARONNE, mm»
Forcée de rester ici; eh bien, je resterai! Je suis prisonnière ; les prisonniers se résignent, et je me résignerai; je lirai, je
Vais lire. (Elle ouvre le volume où Anselme a déjà lu. Elle Ht:) « Le LdC. » Ail !
grand Dieu! assez d'eau comme ça. (eiw ferme i« volume, ie repousse et <e iè»e.) La musique?... je ferai de la musique; c'est, dit-on, la consolation des cœurs malheureux; faisons de la musique, faisons-en pendant un mois. (Eiie se met au ptw©.) Mon Dieu! que c'est fauxl que c'est faux! — Impossible de jouer sur cette machine détraquée par l'humidité. (Elle quitte sa place en fermant le piano atec
eoière.) Quelle autre distraction?... Si je mangeais?... Mangeons! Mais je n'ai pas faim. — fol-ce qu'on a faim par cet abominable temps? (Avec rage.) SI je dansais?... 11 faut Ctre au moins àvxi pour danser. Je ne puis appeler Anselme et lui dire : Polkonsl
A quelle OCCUpation me livrer? (En jetant les jeux sur la Uble et 7 pren nt an
aibum.) Si je dessinais?... Oui, en dessinant on s'oublie... Je vais copier la vieille église du village et son clocher gothique qu'on
aperçoit d ici. (Elle se place en face de la croisée du balcon et se met en postn e de
dessiner.) Ni clocher ni église! On ne voit rien; le paysage, l'horizon, tout a disparu sous un rideau de pluie. (Eiie busse toabtr \t
trayon et l'album, et regardant la campagne.) Quel lamentable Spectacle ! lit
personne! personne sur la roule! Pas un voyageur! Si! si! un voyageur; il s'est abrité sous un arbre. Ah! pourquoi ne se réfugic-t-il pas ici? S'il devinait combien je m'ennuie 1 La grille du chalcau est toujours ouverte... Quelle bonne Inspiration il aurait là! 11 vient peut-être de Paris... il sait des nouvelles do Paris... ah! causer de Paris avec un être vivant! n
(Elle sonne ivac Mutai*.)