REINES AU HASARD
Les Reines sont rouges et d'or aux tarots Et leurs doigts glissent aux crinières
Des héros vaincus dans les berceuses premières Où balbutiait l'humain épris De caprice et de rêverie. ,
Les Reines d'antan vivaient dans la lumière ;
Des traînes de bienfaits, aussi de guérisons
Suivaient leur pas rythmique et lent ; Des violons et des théorbes Escortaient le murmure en marche de leurs parfums.
Les reines d'aujourd'hui sont pâles et tremblent Et meurent si tristes, sur des îlots d'exil, Que les durs combattants de l'heure s'arrêtent regarder A la lueur fumeuse des torches Leur lente agonie, prier le grand repos.