TEMPS MODERNES
De tout cela, que conclure? Évidemment l’analogie de notre globe et de ceux qui roulent sur nos tètes. Avec la même condition , pourquoi de contraires destins? L’univers se peuple , des créatures infiniment variées apparaissent, une chaîne non interromp .e s’établit entre les mondes, l’ordre hiérarchique se fait sentir, la providence et la grandeur de Dieu prennent des proportions incommensurables, le mal s’efface et disparait dans les abîmes de l’infini, la destinée de l’homme s’éclaire; ses devoirs, sa mission, ses épreuves, le malheur de sa condition présente, tout s’explique, tout se comprend, une éclatante lumière se répand sur les plus obscurs problèmes, un coin du voile est levé, et l’esprit humain palpite devant l’iueiïable pressentiment d’un avenir glorieux et immortel.
Oui, toutes ces conséquences découlent de Galilée. La révolution que Galilée est venu accomplir dans le monde physique devait être accomplie dans le monde moral; ce qu’est Galilée dans l’ordre des savants , d’autres le furent dans l’ordre des philosophes. Tout se lie dans l’humanité, et leur mission est aussi nécessaire que la sienne. De même que Galilée avait eu ses précurseurs dans les travaux de Copernic et d’autres astronomes plus humbles , de même leur doctrine avait été pressentie et indiquée par des penseurs qui en ont déjà émis des aperçus fragmentaires, notamment Fontenelle, qui voulut faire sans doute plus que des jeux d’esprit dans ses Entretiens sur la pluralité des mondes; Charles Bonnet, dans quelques morceaux isolés de sa Palingénésie philosophique et de sa Contemplation de la nature; Ballanche, dans certains fragments plutôt implicites que formèls de la Palingénésie sociale; de Bro- • tonne, dans un passage de la Civilisation primitive ; De-