‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 87 sur 181 · ORIGINE DES AMES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES AMES

est impossible de croire qu'Adam soit né dans la condition malheureuse où nous sommes, et que la mythologie est forcée de lui attribuer aussi une vie anléricure durant laquelle il ait mérité par son péché les afflictions de son existence; par la raison qu'il y a blasphème et contradiction à rapporter à Dieu l'initiative d'aucune chose qui ne soit de toute bonté, Origènc veut que tout ce qui se voit de mauvais chez l'homme, dés sa naissance, soit le fait non de la Providence, mais de l'homme lui-même. Il établit donc une analogie parfaite entre l'histoire particulière de chacun de nous, et ce qu'enseigne l'Église de l'histoire de Satan et de celle d'Adam. Ainsi que tous les anges qui ont suivi Satan dans l'abime se sont attiré leur châtiment par les déterminations de leur volonté, tous les hommes qui ont suivi Adam sur la terre se sont attiré aussi par euxmêmes, et dans la mesure de leurs désobéissances passées, les peines qu'ils y endurent. Il est incontestable que le dogme de la chute personnelle de tous les hommes aboutit à détruire celui de leur chute solidaire dans Adam. On l'efface en effet implicitement dès qu'on le rend inutile; et lors même qu'on ne pousserait pas plus loin l'entreprise, ce serait avoir assez préparé son renversement que d'avoir coupé de cette manière ses racines. C'est ce qu'a fait Origène, car, bien qu'il reste permis de dire que les hommes, ayant déjà mérité leur sort par leur propre conduite, ont pu cependant se trouver encore compromis de quelque autre façon dans le péché de leur père, cette complicité involontaire n'est plus dès lors qu'une superfétation que rien n'appelle, qui ne s'enchaîne à rfen, et qui n'a d'autre sens que celui d'une satisfaction accordée en passant à une ancienne tradition que l'on n'ose ouvertement mépriser. Aussi est-ce sur ce point que l'école de saint

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