‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 48 sur 112 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

le croyez. Vous imaginez-vous que Jacques, honnêtement marié, d'accord avec sa famille, aurait été touché par des insinuations d'un bas écrivassier? C'est précisément sa vie irrégulière qui le rendait inquiet, nerveux... Il sentait sa considération amoindrie, il ne jugeait plus les choses avec sérénité. Le voilà qui paye son erreur! (Avec force.) Mais nous le sauverons, et je prétends le sauver tout entier.

(Elle vient s'asseoir sur le canapé.) LEBRUN

Que veux-tu dire?

Je veux dire que mon frère est enfin chez moi, hors de la vue et des atteintes du mauvais génie, comme dit maman. Mon frère est chez moi. Eh bien, cette fois, je le garderai. Et je compte sur vous tous pour m'y aider.

MADAME NERVAL

Oh! moi, je l'embrasserai, je le serrerai si fort qu'il ne pourra plus nous quitter.

lOO LA PLUS FAIBLE

NERVAL

Et moi je me charge d'aller voir la dame, de lui parler comme il convient.

LEBRUN

Moi aussi!

ANGÉLIQUE

Pour le moment, il faut aviser au plus urgent... Cette femme est chez Jacques, dans sa maison, disposant des secrets de sa vie, de ses papiers,

— y compris ceux qui viennent de notre famille,

— de ses biens même. Il est humiliant pour nous de penser que dans cet appartement, où vont affluer aujourd'hui tous les reporters de Paris, c'est elle qu'ils trouveront. Qui sait ce qu'elle publiera, ce qu'elle inventera sur lui, sur elle, sur nous-mêmes?

MAX

Elle n'a guère les allures d'une femme à scandale.

NERVAL

N'importe, rien que la révélation de cette liaison, dans les journaux, ferait tort à Jacques et à nous tous.

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