ACTE m, SCÈNE VI
RÉMI
Monsieur trouvera la maison comme il Ta laissée. Sidonie et moi l'avons entretenue avec tout notre soin. Monsieur a son papier sur sa table, et son encre et sa plume tout prêts pour continuer à travailler.
JACQUES, hésitant, puis prenant son parti avec une affectation de calme.
Et Madame?
RÉMI
Madame?... Mais... Monsieur sait bien?... Madame n'est plus quai d'Orléans.
JACQUES, avec un nouvel effort de calme.
Oui, je sais... C'était convenu entre elle et moi. Mais, tout de même, je suppose que vous vous êtes informé? que vous vous êtes mis à sa disposition ?
RÉMI
Ma foi, monsieur, voilà comment les choses se sont passées. Le jour du duel, M. Gourd est arrivé prévenir Madame que Monsieur était blessé. Ils sont partis ensemble, tout de suite,
sans rien nous dire. Sidonie et moi, nous sommes restés à la maison. Si Monsieur se rappelle, c'était l'ordre qu'avait laissé Monsieur : ne pas bouger de la maison! Alors, vers les deux heures, voilà que la sœur de Monsieur arrive nous dire que Monsieur est chez elle, qu'on ne peut pas le voir ni lui parler, que nous sommes responsables de la maison et qu'il ne faut laisser entrer personne... Bien entendu, nous n'avons pas parlé de Madame... Que Monsieur se mette à notre place... Ce n'est pas toujours commode pour des domestiques.
(Un court silence.)
JACQ,UES
Et après?
RÉMI
Après, un jour, deux jours ont passé... on commençait à être inquiets aussi pour Madame, Sidonie et moi... J'ai envoyé Sidonie s'informer chez M. Gourd; Sidonie connaissait la concierge...
(Il se tait.)
JACQUES
Allez!...