VI AVANT-PROPOS
fois l'homme sort momentanément de sa léthargie, il sent tout le mal qu'a produit son défaut d'activité. En effet, les plaisirs nobles comme celui de la musique ont toujours plus d’attraits, plus de prix, quand ils succèdent au travail. C’est un effet de contraste. D'un autre côte, il ne faut pas croire qu'on puisse être initié si facilement à la belle musique. [oreille n’en appréciera jamais les beautés sans que le cœur et l’esprit ne viennent à son aide. Les deux mots Poésie et Musique, rapprochés l’un de l’autre, s’ennoblissent mutuellement et doivent, par leur union intime, stimuler les esprits indolents, ranimer leur ardeur éteinte et leur faire désirer autre chose qu'un assemblage de sons plus ou moins flatteurs pour l'organe de l’ouïe, mais qui ne laissent aucun souvenir niaucune trace durables. Ce n’est point avec des goûts frivoles et légers qu'on peut comprendre l'art musical dans toute sa splendeur et sa sublime expression. Il faut, comme en toutes choses, s’y prêter par une concentration de l'esprit et par l'attention la plus soutenue. Il n’y a rien d'étonnant à ce que ceux qui goûtent le mieux la musique soient précisément ceux qui sont les plus ordonnés et les plus réfléchis. La musique a en effet quelque chose de mathématique par ses combinaisons, par son