‹ La poesie de la musiqueChapitre 38 sur 57 · TRIOS DE SPOHR POUR PIANO, VIOLON ET BASS · texte numérisé non relu

TRIOS DE SPOHR POUR PIANO, VIOLON ET BASS

N° 1 (œuvre 119). — Moderato. 6/4. Eu mi mineur. Douceur et grâce.

Larghetto. 4 temps. En /a. Affectueux.

Scherzo. 3/4. En mt mineur. Trio en la b. Douceur et grâce.

Finale vivace. 4 temps. En ne mineur. Doux et affectueux.

N°2 (œuvre 123). — Allegro moderato. 3/4. En ré mineur. Vague.

Larghetto. 3/4. En ré b. Mélancolie.

Scherzo. 3/4. En ut mineur. Trio en {a b. Vague,

sombre.

Finale vivace, 4 temps, en fa mineur, se terminant en fa mageur. Agité. Une phrase empreinte de mélancolie affectueuse se fait entendre d’abord en la b et revient plusieurs fois dans divers tons.

N° 3 (œuvre 124). — Allegro moderato. 4 temps. En la mineur. Vague. Beaucoup d’uniformité dans les tournures de phrases.

Andante avec variations. 4 temps. En fa. Vague ; rêverie.

Scherzo. 3/4. En ré mineur. Plaintif. Trio en ré majeur. Gracieux.

Finale presto 6/8, en la mineur, finissant en la majeur. Plaintif, suppliant.

GRAND QUINTETTE DE SPOHR POUR PIANO, DEUX VIOLONS, ALTO ET VIOLONCELLE (OEuvre 53).

* Allegro moderato, À temps, en ut mineur, finissant en ut majeur. Dramatique. Énergie, douceur, affection.

Larghetto con moto. 3/8. En la b. Retenu, suppliant

Menuetto allegretto. 3/4. En uf mineur. Plaintif. Trio en uf majeur. Gracieux.

Finale allegro molto, 2 temps, en ut mineur, se terminant en w{ majeur. Opposition entre les accents agité et gracieux. Les développements élégants du piano sont accompagnés par des phrases simples et larges répétées successivement par les autres instruments. Ge final est très-brillant pour le piano. |

ON SIL O WW

Onslow (Georges) est né à Clermont (Puyde-Dôme) le 27 juillet 1784 et mort le 3 octobre 1852. Son père était le deuxième fils d'un lord de ce nom. Tout d’abord l'étude de la musique n’était entrée dans son éducation que comme un accessoire. Tour à tour élève, pour le piano, de Hullmandel à Londres, puis plus tard de Dussek et de Cramer, il ne comprenait de la musique que la partie mécanique de l'exécution et restait insensible aux inspirations des plus grands maitres. Une révolution soudaine s’opéra en lui après une audition de l'air de Swatonice de Méhul. Ce morceau produisit sur lui une si vive impression, qu'il se sentit tout à coup pénétré de sentiments qui jusqu'a-

lors lui avaient été inconnus. Il vit dès ce moment la musique avec d’autres yeux et elle devint la source de ses jouissances les plus vives en mème temps que la compagne fidèle de sa vie. Il avait appris le violoncelle à la sollicitation de quelques amis, afin de pouvoir exécuter dans l'isolement de la province les quatuors et quintettes des grands maitres. Peu à peu il s’attacha à ce genre de musique pour lequel il prit bientôt un goût prononcé. Il voulut en étudier la facture en faisant mettre les plus beaux morceaux en partition, et cette étude pratique lui tint lieu de théorie. Ce n'est qu à partir de 1806, à l’âge de 22 ans, qu'il songea à composer. Sa fortune indépendante lui laissait le loisir de s'occuper de musique autant qu'il le voulait. Aussi produisit-il beaucoup dans l’espace de trente ans. Ses 3 premiers quintettes furent publiés à la fin de 1807, après avoir été exécutés chez Pleyel. Bientôt après, il fit paraître une sonate pour piano, 3 trios et ses premiers quatuors. Jusqu'alors il ne s’était laissé guider que par son instinct, quand, sur le conseil d’un.ami, M. de Murat, il étudia pendant quelques mois l’harmonie et la composition sous la direction de Reicha. Pressé

d'appliquer son talent à la scène, il écrivit en 1824 l’Aicade de la Vega, puis en 1827 le Colporteur et enfin, dix ans après, /e Duc de Guise. A part le second de ces opéras, qui a eu assez de succès, les deux autres n’ont pas réussi.

Onslow n’a pas été plus heureux dans ses symphonies, qui n’ont été accueillies qu'avec froideur au Conservatoire. En 1829, à 45 ans, il faillit être victime d’un accident de chasse. Assis dans un bois, il écrivait une pensée musicale, quand une balle l’atteignit à l'oreille et alla se loger dans le cou, d’où on ne put l’extraire. Après quelques mois de traitement, sa santé se rétablit et il ne lui resta qu'un peu de surdité. Cet épisode de sa vie lui a fourni le sujet d’un de ses quintettes, celui n° 15, dédié à M. Norblin.

Nous avons bien connu M. Onslow, et nous pouvons dire qu’il nous a toujours paru animé d’une passion ardente pour la musique. Il était enthousiaste au suprème degré et ne dissimulait pas ses impressions. Je l’ai vu pour la première fois en 1836, chez M. Dinet, où se trouvaient aussi M. Curie, amateur distingué, et M. Franchomme.On joua un de ses quintettes, M. Onslow tenant la seconde basse, M"° Dinet

et M. Curie les deux violons et M. Dinet l’alto. Il était plein de verve et d'animation, il était mème curieux à voir dans son empressement à complimenter la maîtresse de la maison. Il aimait aussi beaucoup M. Franchomme, dont 1l appréciait hautement les ouvrages,

Onslow avait un tempérament très-nerveux et l'expression de sa figure était vraiment remarquable quand il entendait exécuter sa musique. Je le rencontrai en 1840 chez les frères Tilmant, rue de Bréda, où il apportait quelque- Jois un nouveau quintette manuscrit, et ses démonstrations de joie n'avaient pas de bornes quand il se voyait si bien compris à première vue. «Je suis plus heureux qu’un roi... constitutionnel, » s’écriait-il en riant de bon cœur. Ce qui l’avait surtout flaité au plus haut point, c’est que ses quatuors et quintettes avaient été mis en partition en Allemagne. Il ne tarissait pas d'exprimer l’extrème satisfaction que lui faisait éprouver l'honneur insigne qui venait de lui ètre rendu.

En 1846, il assistait au festival d’Aix-la-Chapelle, manifestant pendant l'exécution de /a Création d'Haydn sa joie et son admiration. Il

se trouvait au balcon à côté d’un habitant du

pays, flegmatique à l'excès, dont le calme et la tranquillité faisaient ressortir encore davantage les excentricités de son voisin.

Enfin je l’ai vu pour la dernière fois dans ’été de 1852, rue Hauteville, chez M. de Riberolles, un de ses compatriotes, où l’on se faisait un plaisir d'exécuter ses compositions.

Mais ce n’était plus le même homme. Lui autrefois si ardent et si passionné était devenu triste et presque indifférent. La lumière ii faisait mal. Sa démarche était lente et pénible. Je sortis presque en même temps que lui et je le vis s'asseoir sur un banc du boulevard, où il resta assez longtemps la tête baissée dans une sorte d’abattement. Quelques semaines après, Je 3 octobre 1852, il mourait à Clermont, âgé -de 68 ans.

Le jugement qu’a porté Fétis sur la musique d'Onslow est peut-être un peu sévère. Il est vrai qu'on s’en fatigue assez vile; mais on trouve cependant de très-belles choses dans plusieurs de ses quatuors et de ses quintettes. Il savait bien que l'inspiration lui faisait souvent défaut; mais il avait la conscience de son savoir dans l’art d'écrire. Aussi me disait-1l un jour, en me parlant de Vivier, le célèbre

LA POÉSIE DELA MUSIQUE. 350 corniste dont les compositions originales avaient atüiré l'attention : « Ah! sij'avais son génie! »

Onslow était entré en 1842 à l'Institut, où il avait succédé à Chérubini. Il a laissé 34 quintettes, 36 quatuors, 3 symphonies, 7 œuvres de trios pour piano, 3 opéras, des sonates et divers morceaux pour le piano.

Nous examinerons quelques-uns de ses œuvres de musique de chambre.

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