‹ La poesie de la musiqueChapitre 48 sur 57 · SCHUBERT · texte numérisé non relu

SCHUBERT

Schubert (François-Pierre) est né à Vienne, le 31 janvier 1797, et mort le 19 novembre 1828 d’une maladie de langueur. Il appartenait à une modeste famille de musiciens. À 7 ans, il recevait ses premières lecons de Michel Holzer. Quelques années après, la beauté de sa voix le fit admettre comme enfant de chœur à la chapelle impériale, et il cultiva les instruments à cordes en même temps que le piano avec un tel succès, qu’à 15 ans il était déjà premier violon à l'orchestre. Il étudia l’harmonie sous la direction de Rueziezka,

organiste de la cour, et fut élève de Salieri pour le chant et la composition. Quand la mue de sa voix l’obligea de quitter la chapelle, il se livra seul à l'étude des trois grands maîtres : Haydn, Mozart et Beethoven, et chercha à se procurer des moyens d'existence en donnant des lecons. Beethoven, qui était son aîné de plus de 24 ans, aurait fait une bonne action en l'aidant de son influence. Il eut la cruauté de le repousser. Néanmoins Schubert aimait son art avec passion, et sans sortir de chez lui il trouvait moyen de faire des quatuors avec son père et ses frères. Dès l’enfance, il avait écrit de lui-même, sans aucune direction, plusieurs morceaux de musique instrumentale. Plus tard, il s’est exercé dans tous les genres et a laissé, parmi ses nombreuses productions, des mélo dies qui sont restées des modèles. Il n’a pas produit grand effet au théâtre, bien que le sentiment dramatique ne lui fit pas défaut; mais il lui manquait peut-être, comme le dit Fétis, l'instinct de la scène, dont les exigences peuvent quelquefois jeter une certaine froideur sur des morceaux brillants par eux-mêmes quand on les prend isolément.

Schubert a toujours vécu à Vienne qu'il n’a

quitté que pour faire de pelits voyages en Hongrie, en Styrie et dans la haute Autriche. Sans aucune fortune, il a mené une existence obscure et retirée et n’a été apprécié qu'après sa mort. Du reste, il n’était pas remuant. D’un caractère mélancolique, il s'était habitué au milicu dans lequel il était né. C'était le type du véritable artiste, se contentant des jouissances que lui procure la culture de l’art. Il était méconnu pendant sa vie, et pourtant c'était un homme de génie, l’auteur de ces nombreuses romances d’un caractère si noble et si expressif qu'on ne se lasse pas de répéter dans nos salons. Mais la vérité finit toujours par triompher, et Justice lui est rendue par ses nombreux admiraleurs.

Son œuvre comprend, outre plusieurs sonates et autres pièces pour piano, des symphonies, des messes, des opéras et divers morceaux d'ensemble, environ 200 ballades et chansons pour voix seule avec accompagnement de piano. Nous allons en extraire les duos, trios, quatuors cet quintettes les plus connus.

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