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Uopinion, c'est-à-dire le libre exa

PIEKKE DE RONSARD. 169

Pour ;;alisr;iclion un couratic contrit.

Un ca^ur luunilié. un iioiiitciil esprit.

Et pour ce. Seigneur Dieu, ne punis en ton ire Ton peuple repentant qui lamente cl souspire. Qui te demande grâce; et, par triste mesclief. Les fautes do ses Roys ne tourne sur son chef

O vous, doctes prélats, poussez du Sainct Esprit, Qui estes assemblez au nom de Jesus-Ghrist, Et taschez sainctement par une voye utile De conduire l'Eglise à l'accord d'un Concile' ; Vous-mesmes les premiers, pi'elats, reformez-vous, Et comme vrais pasteurs faicles la guerre aux loups; Osiez l'ambition, la richesse excessive; Arrachez de vos cœurs la jeunesse lascive. Soyez sobres de table, et sobres de propos; De vos troupeaux commis cherchez nioy le repos. Non le vostre, prélats; car voslre vray office Est de prescher sans cesse et de chasser le vice.

Vos grandeurs, vos honneurs, vos gloires despouillez; Soyez moy de vertus, non de soye habillés ; Ayez chaste le corps, simple la conscience; Soit de nuicl, soil de jour, apprenez la science : Gardez entre- le peuple une humble dignité, Et joignez la douceur avec la gravité

Vous, juges des citez, qui dune main égale Devriez"* administrer la justice royale, Cent et cent fois le jour mettez devant vos yeux Que l'erreur qui pullule en nos séditieux Est vostre seule faute, et, sans vos entreprises. Que nos villes jamais n'eussent esté surprises

Et vous, nobles aussy, qui n'avez renoncée La foy de père en lits qui vous est annoncée, Souslenez vostre Roy, mettez luy de rechef Le sceptre dans la main et la couionne au chef, N'espargnez votre sang, vos biens ny vostre vie : Heureux celuy qui meurt pour garder sa patrie!

Vous, peuple, qui du contre et des bœufs accouplez Fendez la terre grasse et y semez des blez ;

1. Le Concile de Trente, réuni à ce 2. Parmi, moment, pour réformer l'Bglise dans sa 3. iJei-i-hz ne comi)tait que pour deux discipline et dans ses mœurs. syllabes au xvi" sitcle.

Vous, marchans, qui allez les uns sur la marine, Les autres sur la terre, et de qui la poitrine IN"a humé de Luther la secte ny la foy. Monstrez vous à ce coup bons serviteurs du Roy. Et vous, sacré troupeau, sacrez mignons des Muses, Qui avez au cerveau les sciences infuses. Qui faictes en papier ' luire vos noms icy Comme un soleil d'esté de rayons esclaircy. De nostre jeune Prince escrivez la querelle

Et armez Apollon et les Muses pour elle

Vous, guerriers asseurez, vous, piétons, vous, soldars, De Bellone conceus, jeune race de Mars, Dont les fresches vertus par la Gaule fleurissent. N'ayez peur que les bois leurs feuilles convertissent En huguenots armez, ou comme les Titans Ils naissent de la terre en armes combatans.

Ne craignez point aussi les troupes d'Allemagne, Ny ces reistres mutins qu'un François accompagne; Ils ne sont point conceus d'un fer ny d'un rocher ; Leur cœur se peut navrer, penetrable est leur chair....

Mais ayez forte pique et bien tranchante espée. Bon cœur et bonne main, bonne armure trempée, La bonne targue au bras, aux corps bons corselets. Bonne poudre, bon plomb, bon feu, bons pistolets. Bon morion en teste, et surtout une face Qui du premier regard vostre ennemy desface.

Vous ne combattez pas, soldars, comme autresfois Pour borner"-^ plus avant l'empire de vos Roys; C'est pour l'honneur de Dieu et sa querelle saincte Qu'aujourd'huy vous portez l'espee au costé ceinte

(Discours, Remo^itrance au Peuple de France'^.}

Conseils à Charles IX.

Sire, ce n'est pas tout que d'estre Roy de France, Il fault que la vertu honore vostre enfance ; Car un Roy sans vertu porte le sceptre en vain. Et luy sert'' dun fardeau qui luy charge la main.

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