‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 112 sur 215 · Avant que · texte numérisé non relu

Avant que

9. On remarquera que la Défense a Illustration de la Lanyue jirescrivait W travail assidu et l'étude^ des ancier c'est-à-dire tout le contraire de ce que doit faire le poète courtisan.

JOACIIIM DU BELf.AY. 191

Fucilletant studieux tous les soirs et matius Les exemplaires Grecs, et les autheurs Latins'. Ces exerciccs-Ià font l'homme peu habile. Le rendant catarreux, maladif et débile. Solitaire, fascheux, taciturne et songeard; Mais noslre courtisan est beaucoup plus gaillard. Pour un vers allonger, ses ongles il ne ronge-; Il ne frappe sa table; il ne resve, il ne songe. Se brouillant le cerveau de pensemcns divers, Pour tirer de sa teste un misérable vers, Qui ne rapporte, ingrat^, qu'une longue risée Par tout où l'ignorance est plus authorisee.

Toy donc qui as choisy le chemin le plus court. Pour estre mis au ranc des sçavans de la Court, Sans mascher le laurier, ny sans prendre la peine De songer en Parnasse '* et boire à la fontaine"' Que le cheval volant f* de son pied fit saillir. Faisant ce que je dy, tu ne pourras faillir.

Je veux en premier lieu cjue sans suivre la trace (Comme font quelques uns) d'un Pindare et Horace, Et sans vouloir, comme eux, voler si haultement, Ton simple naturel tu suives seulement.

Ce procès tant mené, et qui encore dure"^. Lequel des deux vault mieulx, ou l'art, ou la nature^.

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