‹ La poésie de la RenaissanceChapitre 115 sur 215 · Quoique. « La montagne en travail enfantera · texte numérisé non relu

Quoique. « La montagne en travail enfantera

5. Comme piqué de l'aiguillon de une souris, objet de risée. » l'envie. 7. Dans tes ouvrages,

M. La poésie de la Renaissance. 1.3

Non ce vent populaire ' , et ce frivole bruit Qui de beaucoup de peine apporte peu de fruict. Ce faisant, tu tiendras le lieu d'un Aristarque^ Et entre les sçavans seras comme un monarque : Tu seras bien venu entre les grands seigneurs, Desquelz tu recevras les biens et les honneurs, Et non la pauvreté, des Muses l'héritage. Laquelle est à ceux-là réservée en partage. Qui, dédaignant la Court, fascheux et malplaisans. Pour allonger leur gloire, accourcissent leurs ans-^

(Vers lyriques et Poésies diverses.)

D'écrire en sa langue^.

Quiconque soit qui s'estudie En leur langue imiter les vieux"', D'une entreprise trop hardie Il tente la voye des cieux,

Ci'oyant en'' des ailes de cire', Dont Phœbus le peut déplumer; Et semble, à le voir, qu'il désire JNouveaux noms donner à la mer**.

Il y met de l'eau, ce me semble.

Et pareil (peult estre) encor est

1. C'est le populai-ibus auris de Vui- en 1549, l'année même de la publica- GILE {Enéide, VI, v. 816). tion de la Défense, ou en comprendra

2. Akistarque, célèbre critique d'A- toute l'importance comme satire littélexandrie (ii« siècle avant notre ère) ; raire, confirmant la Défense elle-même on lui doit une revision des poèmes par ses interdictions ironiques. — Le d'Homùx'e. L'antiquité l'honorait comme Poète courtisan semble être un portrait un homme d'une érudition et d'un goût de Jlellin de Saint-Gelais.

fort éclairés. 4. Contre les poètes qui écrivent en

3. Le fond du tempérament poé- grec et en latin, par un amour exagéré tique de Du Bellay est satirique. De de l'antiquité. Voy. le commentaire de Poète courtisan en est une preuve. Sous cette ode dans la Défense et Illustmtion une forme savante, Du Bellay fait, en de la Langue française, liv. II, ch. XII. effet, de la satire, tout en semblant 5. Les anciens.

faire œuvre didactique. A cet égard, ce 6. Confiant en.... poème est d'une ironie pénétrante et 7. Allusion à la légende d'Icare, qui

achevée. Il ne dit pas ce qu'est le poète s'était attaché aux épaules des ailes :

courtisan ; mais il enseigne comment on les rayons du soleil avaient fait fondre

le devient, en faisant justemuut le con- la cire qui joignait les plumes, traire de ce que prescrit la Défense et 8. Comme Icare donna son nom à la

Illustration de la Langue. mer où il se noya (entre la Grèce et

Si l'on considère que ce poème a paru l'Italie).

JUACIILM DU BELLAY. 195

A ccluy qui du bois assemble.

Pour le porter eu la forest.

Qui suyvra la diviue Musc' ' Qui tant sceut Achille extoUer?

Où est celuY qui tant s'abuse De Guider encores voler

Où- par régions incognuës Le cygne Thebain-^ si souvent Dessous luy regarde les nues.

Porté sur les ailes du vent ?

Qui aura l'haleine assez forte Et l'estomac pour entonner Jusqu'au bout la buccine torle Que le Mantuan ' fist sonner.^

Mais où est celuy qui se vante De ce Galabrois"' approcher.

Duquel jadis la main sçavante Sceut la lyre tant bien toucher.^

Princesse'', je ne veux point suyvre D'une telle mer les dangers.

Aimant mieux entre les miens vivre Que mourir chez les estrangcrs.

Mieux vault que les siens on précède.

Le nom d'Achille poursuyvant, Que d'estre ailleurs un Diomede, Voire un Thersile bien souvent.

Quel siècle esleindra ta mémoire, O Boccace.^ Et quels durs hivers Pourront jamais seicher la gloire, Pétrarque, de tes lauriers verds.^

Qui verra la vostre' muette, Dante, Bembe*^, à l'esprit haultain*.^ Qui fera taire la musette Du pasteur Neapolitain'".^

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