C'est-à-dire mangeant. sent comme ces Allemands
C'est tousjours le lefrein qu'ils font à leur balade. Pour nioy, je n'en voy point que je n'en sois malade; J'en perds le sentiment, du corps tout mutilé, Et durant quelques jours j'en demeure opilé'
Si quelqu'un, connue moy, leurs ouvi-ages n'estime, Il est lourd, ignorant, il nayme point la rime; DifTicille, hargneux, de leur vertu jaloux. Contraire en jugement au commun bruit de tous- ; Que-' leur gloire il desrobe, avecq' ses artifices. Les dames cependant se fondent en délices. Lisant leurs beaux escrits, et de jour et de nuit Les ont au cabinet souz le chevet du lict ; Que 3 portez à l'église, ils a aient des matines : Tant, selon leurs discours, leurs œuvres sont divines.
Encore après cela ils sont enfants des Cieux, Ils font journellement carousse '' avecq' les Dieux : Compagnons de Minerve, et confis en science. Un chacun d'eux pense estre une lumière en France.
Ronsard, fay-m'en raison, et vous autres esprits. Que, pour estre vivans'', en mes vers je n'escris, Pouvcz-vous endurer que ces rauques cygalles Egallent leurs chansons à voz œuvres l'oyalles. Ayant vostre beau nom laschement dementy ? Ha! c'est que nosti'e siècle est en tout perverty. Mais pourtant quel esprit, enti'e'' tant d'insolence, Sçait trier le sçavoir d'avecque l'ignorance, Le naturel de l'art, et d'un œil avisé Voit qui de Calliope est plus favorisé ?
Juste postérité, à tesmoing je t'apelle, Toy qui, sans passion, maintiens l'œuvre immortelle. Et qvii, selon l'esprit, la grâce et le sçavoir. De race en race" au peuple un ouvrage fais voir : Vange ceste querelle, et justement sépare Du cygne d'Apollon la corneille barbare, Qui, croassant par tout d'un orgueil elTronté, Ne couche^ de rien moins que l'immortalité