Pour si peu. marché
Quant je me vy sans honneste vesture, Et fort fasché de perdre ma monture.
Mais de l'argent que vous m'aviez donné Je ne fus point de le perdre estonné ; Car vostre argent, très débonnaire Prince, Sans point de faulte, est subjet à la pince '.
Bien tost api'ès ceste fortune là.
Une autre pire encores se mesla
De m'assaillir, et chascun jour m'assault,
Me menaçant de me donner le sault -
Et de ce sault m'envoyer à l'envers
Rithmer sous terre et y faire des vers.
C'est une lourde et longue maladie
De trois bons mois, qui m'a toute estourdie
La povre teste, et ne \ent terminer,
Ains me contrainct d'apprendre à cheminer ^
Tant afibibly m'a d'estrange manière,
Et si m'a faict la cuisse heronnière''.
Que diray plus ? Au misérable corps
Dont je Yovxs parle, il n'est demeuré fors
Le povre esprit qui lamente et souspire.
Et en pleurant tasche à vous faire rire.
Et pour avitant-'. Sire, que suis à vous.
De trois jours l'un viennent taster mon poux
Messieurs Braillon, Le Coq, Alvaquia""',
Pour me garder d'aller jusqu'à quia'.
Tout consulté, ont remis au printemps
Ma guerison; mais, à ce que j'entens.
Si je ne puis au printemps arriver
Je suis taillé*^ de mourir en y ver.
Et en danger, si en yver je meurs.
De ne veoir pas les premiers raisins meurs.