Nous deux
De bestes qu'on dcust mener paistre.
Qui regimbent contre mon maistre.
Je ne veoy point qu'un Sainct-Gelais' : Un Heroet-, un Rabelais-*, Un Brodeau, un Sève', un Chappuy"', VoYsent*' escribvanl contre luy.
Ne Papillon pas ne le poinct, Ne Thenot ne le tenue point :
Mais bien ung taz de jeunes veaux, Un tas de rythmasseurs nouveaulx, Qui cuydent eslever leur nom, Blasmant les hommes de renom :
Et leur semble, qu'en ce faisant, Par la ville on ira disant Puis qu'à Marot ceulx-cy s'attachent.
Il n'est possible qu'ilz n'en sçachent''.
Et veu les faulles infinyes.
Dont leurs epistres sont fournyes, Il convient de deux choses l'une.
Ou qu'ilz sont troublez de la lune, Ou qu'ilz cuydent qu'en jugement Le monde, comme eulx, est jument^.
De là vient que les povres bestes, Après s'estre rompu les testes, Pour le bon bruyt d'autruy briser, Eulx-mesmes se font despriser :
Si que mon maistre sans mesdire, Avecques David peut bien dire" :
Or sont tombez les mal heureux En la fosse faicte par eulx.
.1. Melldî de Sadct-Gelais (1491- de llarot, exagéra rimitation italienne ;
1568), disciple de llarot, gâté par l'afEé- son platonisme obscur n'arriva pas à
terie des modes italiennes. Il enjoliva faire oublier Pétrarque, qu'il voulait
et affadit les grâces de son maître. égaler.
2. Heroet, disciple de Marot, qu'il 5. Chappuy, valet de chambre de abandonna ensuite pour passer dans le François V', et poète médiocre. — BiîOcamp des ronsardisants. deau est comme lui un disciple de