ACTE DEUXIÈME
ADRIEN, ironique.
Voilà ce qu'on appelle écouter les voix d'en bas et s'appuyer sur le peuple!
PERRAUD, lui tournant le dos en riant. Toujours ironiste! (Regardant sa femme et sa fille.)
Gomme vous avez gentiment paré ce salon... Et que vous êtes belles!... Lucie va faire tourner toutes les têtes... Viens donc que je te voie de près !
LUCIE, s approchant.
Oh ! une vieille robe ! (il l'attire à lui et l'embrasse.)
Aïe!
Elle se jette en arrière.
PERRA.UH.
Qu'as-tu?... Ah!... j'oubliais que j'étais en uniforme : ma broderie t'a griffue?
LUCIE, souriant.
Ce n'est rien!
PERRAUD, se lève, regarde.
Non, rien, (il l'embrasse.) Maintenant,, mes enfants, ne perdons pas de temps...
ADRIEN, regardant sa montre.
Nous avons encore une heure devant nous, profitons de l'entr'acte.
PERRAUD, souriant.
Tu m'as l'air d'en profiter, même quand il n'y en a pas.
ADRIEN
Le ciel et Santenay me sont témoins que j'ai tenu tant que j'ai pu. Lorsque je me suis vu sur le point de devenir enragé, je suis parti, pour éviter un scandale.
PERRAUD
Toi, un homme? tues moins raisonnable que ta mère et ta sœur.
ADRIEN
Ma mère est femme de fonctionnaire, ma sœur est fille de fonctionnaire et sera également bientôt femme de fonctionnaire, tandis que moi, j'espère bien n'être jamais fonctionnaire.
PERRAUD. haussant les épaules.
Puisqu'il est décidé que tu dois être mon chef de cabinet.
ADRIEN
Je n'ai pas dit que j'acceptais.
MADAME PERRAUD, sévère.
Adrien !
PERRAUD, faisant un geste d'attente de la main.
Nous en causerons plus tard. Je n'ai pas le temps de discuter cette question à présent. Il faut que j'aille changer de costume, (a madame Perraud.) Mon habit, mon pantalon, ma cravate sont préparés''