‹ La Polis GrecqueChapitre 51 sur 83 · Synœcismes entre états · texte numérisé non relu

Synœcismes entre états

A. Dans les cas où il existe des villes lesquelles subsistent.

Une inscription nous fait connaître le synœcisme de Stiris et de Médéon. Ce sont deux États qui possèdent un territoire, un port, une ville. Les deux villes subsisteront; mais la ville de Stiris sera le siège du gouvernement. L'État des Médéoniens sera supprimé; les Médéoniens deviendront Stiriens; la Constitution de Stiris sera étendue à Médéon.

Le synœcisme des Péréens et des Mélitéens s’accomplit dans les mêmes conditions; il résulte de l'inscription que les Péréens deviendront Mélitéens.

C’est sous cette forme que Thucydide se représentait le synœcisme qui donna naissance à l’État athénien; mais pour d’autres, celui-ci naquit, non de l’absorption de plusieurs états, mais de l’association de plusieurs peuplades. Quoi qu’il en soit, la ville, πόλις, est le centre du mouvement d’unification. Parce qu’elle est une ville, et non plus une simple forteresse,

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2? Voir plus loin d’autres exemples semblables de cités doriennes constituées par le synœcisme des trois phylai des Hylleis, Dymanes, Pamphyloi.

parce qu’elle est un lieu relativement peuplé, plus sûr que des villages ouverts, elle acquiert bientôt sur le voisinage une certaine influence. Chez elle, se développe, plus vite que dans les localités de la campagne, une organisation politique. Elle doit à cette organisation et à sa situation géographique une sorte de force attractive qu’elle exerce autour d’elle sur les villages, mème, s’il y en a, sur les villes moins puissantes du voisinage. Elle agit par la persuasion ou par les armes; de toute façon, elle ne traite pas en vaincus les habitants du voisinage; ils deviennent citoyens au même titre que les habitants de la πόλις. Chose remarquable, les limites de la ville primitive ne s'étendent pas. Elles ne le pourraient faire qu’au détriment de l'indépendance des voisins, qu’en leur enlevant leur propre territoire. Ce que nous appelons la ville d'Athènes, est un ensemble de villages, quelque chose, en beaucoup plus petit, comme l’agglomération bruxelloise.

La cause qui sur certains points rassemble la population et fait que les intervalles entre les villages se remplissent est d'ordre économique. Elle agit là où le voisinage de la mer et les circonstances suscitent un certain mouvement commercial et industriel.

Là où cette cause économique n’agit pas, le nombre des habitants de l'antique Polis s’accroït néanmoins, par le fait seul qu’elle est le siège du gouvernement, presque la capitale de l'État; mais combien y a-t-il de ces états qui ne sont pas plus grands que la république de Saint-Marin ou la principauté de Monaco?

Dans cette première hypothèse, l’opération matérielle qu’évoque le mot «synœcisme» s’accomplit partiellement. Un certain nombre d’habitants quittent leurs demeures et viennent se fixer dans la ville.

L’émigration des campagnards vers la ville est plus considérable dans les deux hypothèses qui vont suivre. L’essentiel est toujours l’unification politique: il n’y a plus, comme le dit Thucydide,! qu’un Conseil et qu’un Prytanée, la meilleure définition qui ait été donnée du synœcisme.

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