LES SUITES DE L.V LOI DOUANIÈRE DE
ment. Nos robustes et laborieux agriculteurs retrouvèrent la conviction que l'Empire prend part aux succès de leurs travaux, qu'il voit dans l'agriculture non pas l'enfant sacrifié, mais la fille aînée de la mère Germanie. Le nombre des exploitations agricoles s'est augmenté, de 1895 à 1907^ de près de 180.000. La quantité de bétail a énormément grandi, les bêtes à cornes se sont accrues de près de 3 millions de têtes, les porcs de 5 millions 3 dans le même espace de temps. En 1909, on récolta 11 millions a de tonnes de seigle contre 6 millions 6 de tonnes en 1895; 3 millions 75 de tonnes de blé "contre 2 millions 80 de tonnes; 3 millions 5 de tonnes d'orge contre 2 millions 4 de tonnes; 9 millions 1 de tonnes d'avoine contre 5 millions 2 de tonnes; 46 millions 7 de tonnes de pommes de terre contre 31 millions 7 de tonnes. Comparée à celle d'autres pays, la productivité de notre agriculture pendant les dix dernières années a pris un développement extraordinaire. Encore dans l'été de 1902, peu de temps avant la seconde lecture de la loi douanière, l'historien de l'agriculture allemande, le docteur baron von der Goltz, terminait l'avant-propos de son ouvrage par cette déclaration : « Une crise s'est abattue sur l'agriculture allemande par suite de certaines contingences dans le domaine du travail national et de la politique mondiale. » Aujourd'hui, les connaisseurs autorisés de la situation agricole parlent avec orgueil de son épanouissement, de la valeur croissante delà production, des progrès sans cesse plus grands de la productivité de l'agriculture allemande.
Mais ce développement agricole ne s'est pas accompli aux dépens de l'extension de notre commerce et de notre industrie d'exportation. Les devins libreéchangistes qui, dans les débats de 1901 et 1902, avaient prédit que le correctif agrarien de la politique économique « mettrait des bornes au commerce » ont reçu un démenti. Ceux qui avaient cru qu'armé de l'augmentation des droits sur les produits agricoles on ferait échouer la conclusion de traités de commerce avantageux et à longue échéance, avaient mal jugé la position économique mondiale de l'Allemagne. L'Allemagne, son nouveau tarif à la main, n'avait nullement trop peu à offrir aux autres Etats; en 1891, elle avait offert trop. A l'inauguration de la politique des traités de douane et de commerce Caprivi-Marschall, on était, entre autres choses, parti de ce point de vue que l'excédent de notre importation sur notre exportation nous obligeait à des prévenances particulières, pour nous ouvrir des débouchés extérieurs dans une plus large mesure. En réalité, notre grande importation, notre capacité d'achat, constituait la plus belle force de notre position en vue des conclusions de traités. Nous pouvions avoir des prétentions aux prévenances, parce que nous sommes pour l'étranger une excellente clientèle. La proportion des importations et des exportations put être utilisée avec succès pour les traités de commerce, à l'inverse de ce qui s'était produit au début des années 1890-1900. Le traité de -commerce avec la Russie, objet de chaudes discus-