I6T "FT67 "OT6Y "6067 "8067 "LOGT "9067 °GO06T
Angleterre | Allemagne
| Q à 14 ans para ET AT 25,75 45 à 59 ans 63,56 | 62,88 65,01 Plus de 60 ans 13,74 9,41 9,2%
Bien que la réduction du nombre des hommes diminue — bien entendu — la possibilité pour les femmes de contracter mariage, en réalité il y a non pas diminution, mais augmentation du nombre des mariages ; car, avant de partir, les jeunes gens tiennent souvent à créer une famille, qu’ils laissent d’ailleurs au pays natal. |
Pour le Royaume, par %, hab.., il a été contracté en 1913 : 7,46 mariages
» Abruzzes » » » 8,27 »
» Campanie » » » 7,9 »
» Pouilles » » » 8,26 »
» Basilicate » » » 7,56 »
» Calabre » » » 7,87 »
» Sicile » » » DD »
L'émigration a ainsi un résultat heureux sur l'accroissement du nombre des mariages ; elle est également favorable à ceux qui restent dans le pays ; car, en diminuant la main-d'œuvre disponible, elle tend à faire hausser les salaires. Il est d’ailleurs également vrai que la hausse des salaires entraîne toujours la hausse du prix des marchandises, et du coût général de la vie ; et le salaire réel, malgré son augmentation, n’est pas beaucoup supérieur à l’ancien salaire.
Nous avons maintenant à examiner un effet extrêmement important de l’émigration : ce sont les épargnes que font les émigrants, et qu'ils envoient à leur famille, restée au pays — ou qu’ils rapportent eux-mêmes, à leur retour. Ces épargnes sont, en grande partie, nécessaires à l'Italie, parce qu’elles l'aident à équilibrer sa balance des comptes —-et d’autre part, elles y introduisent des capitaux importants. M. Camille Fidel écrit à ce sujet : « Les émigrants italiens se distinguent des autres émigrants par la frugalité de leur genre de vie, qui leur permet d’épargner, dans une proportion extraordinairement forte, près des 3/4 de leur salaire, quel qu’il soit. »
Il est assez difficile d'évaluer l'importance de ces épargnes. M. Farina les évalue à, au moins, 350 millions de lires par an ;
mais ce chiffre semble trop faible, d’après les renseignements fournis par les statistiques sur les mouvements des dépôts dans les caisses de la Banque de Naples (1) et par les mouvements des mandats-postaux, constitués en grande partie par les dépôts des émigrants. |
À ce point de vue, l’émigration semblerait donc fort utile à l'Italie, et devrait être encouragée ; mais, en contre-partie à ces rentrées de fonds, il y a — d’autre part — une très grande perte. L'Italie dépense pendant vingt ans pour nourrir et instruire un homme ; et lorsqu'il est arrivé à l’âge du travail utile, il part à l’étranger. Il en résulte une perte de capital considérable, représentée soit par les frais que l’émigrant a coûtés à sa patrie, soit par le manque à gagner qu’il lui occasionne, ainsi que le dit fort bien M. Coletti : « La perte n’est pas celle des frais pour la production de cet homme, mais la force de travail pour le temps qui lui reste à vivre. Si, dans les premiers temps de l’émigration, cette perte fut faible, elle tend, de plus en plus, à devenir sensible. » Fr. Ferrara fait bien remarquer que « toute richesse inerte, paralysée, impuissante à produire, perd son caractère de capital et de richesse »; mais, en réalité, l’émigration est une véritable déperdition de richesse, évaluée par Bénéduce (Journal des Economistes, dé- cembre 1904) à 300 millions par an — et ainsi, l'épargne annuelle, due aux émigrants, est diminuée et compensée en grande partie.
L’émigration ne tend même pas à accroître, d’une façon importante, le commerce extérieur de l'Italie ; sans doute, les émigrants seront-ils tentés d’acheter les produits de leur patrie : mais si l’on considère, par exemple, les variations du commerce de l'Italie avec le pays d'Amérique, où se trouve la plus grande proportion de ses fils, l'Argentine, l’on voit que le graphique de ces variations a une allure extrêmement sinueuse, et qu’elles ne sont que peu influencées par l’émigration, en raison des habitudes de vie, de la simplicité des émigrants et de leurs faibles dépenses.
D'autre part, l’émigration enlève à la patrie un grand nombre de soldats qui la défendraient aux jours du danger. (Voir, page suivante, une statistique des insoumis)
(1) La Banque de Naples a le monopole de recevoir les dépôts des émigrants ; la loi du 1° février 1901 lui ayant accordé le soin exclusif de recueillir, employer et transférer en Italie les épargnes des Émigrants italiens.