CHAPITRE XXX
LES PRINCIPES ACTCBLLEMENT EN USAGE SONT IMPUISSANTS A FAItE DÉGOUVaiR LES LOIS NATURELLES DE LA POLITIQUE.
(( On n'imagine pas ces lois, on les trouve. » Et les lé^ gislateurs font-ils d'habitude ce qu'il faut pour les trouver? Combien d'entre eux ont une notion exacte de la loi? Combien la considèrent comme un rapport naturel entre les choses ? Les avocats qui occupent une grande place dans les assemblées partent d'un point de vue tout autre : ils appellent pompeusement 5Ct>nr« des lois l'ensemble déà lois artificielles émanées des gouvernements.
John Austin, qui fait autorité en Angleterre comme jurisconsulte, se prononce en ce sens ; il distingue les lois qui sont des commandements de celles qui ne le sont pas. Les soi-disant lois de nature, dit-il, ne sont pas des commandements ; elles ne sont pas adressées comme les lois proprement dites, qu'il appelle les lois positives^ à des êtres raisonnables qui peuvent vouloir ou ne pas vouloîi' leur obéir (1). C'est la négation de la science politique.
Pour Hobbes, qui précéda Austin, comme Austin précéda Bentham, les droits et les devoirs dérivent d'arrangements sociaux, de telle sorte que l'obligation morale a sa source dans les actes d'un parlement et peut être changée dans un sens ou dans l'autre par les majorités. C'est cette doctrine qui prévaut encore; c'est celle d'après laquelle le
(1) Pravmce of jurisprudence detennined.