LA. PORTE APRÈS IÉN.V
cle valeur à cel aclc d’énergie; elle ne s’y était donc résolue que dans la pensée qu’elle n’y risquait rien. Sébastiani avait l’impression que ce gouvernement n’était conduit que par la •crainte, « accoutumé déjà aune verge de fer ».
Le 1 2 octobre, Arbuthnot faisait passer une note à la Porte ; il annonçait la formation de la quatrième coalition, les armements redoutables levés par la Prusse, la Suède, la Russie, l’Angleterre, lg certitude que Napoléon serait écrasé par un pareil effort, et qu’en tout cas il ne serait d’aucun secours à la Turquie. Le i5, les nouveaux hospodars, Soutzo et Callimacbi, furent déposés à leur tour et leurs prédécesseurs réta blis dans leurs fonctions. Et Sébastiani laissa éclater son indignation. « C’est la plus honteuse soumission qu’il soit possible de rencontrer dans les annales de cet empire. » Les princes Ypsilanti et Morousi, très riches, ont corrompu tous les ministres delà Porte et en particulier le reis-efl’endi ; le ministère turc est désormais « en état de vasselage » ; il ne se mène que par l’or et la terreur. 11 suffit, continue l’ambassadeur, de considérer sa politique dans les dernières années; elle a été toujours à la merci des événements extérieurs : après Marengo, la Porte s’était décidée à envoyer une ambassade à Paris ; après la formation de la troisième coalition, elle avait refusé de reconnaître à Napoléon le titre impérial ; après Austerlitz, elle avait chargé Muhib-effendi d’une ambassade extraordinaire ; aujourd’hui, elle apprend la formation de la quatrième coalition : elle est aux pieds des Russes ; Sébastiani demande une audience du sultan ; le reiseffendi refuse. — 11 n’y a peut-être pas lieu d être si étonné de tout cela ; le gouvernement ottoman ne fut pas seul dans l’histoire à se mettre du côté du plus fort : n'est-ce pas souvent le dernier mot de la politique? Et alors ne faudrait il pas louer l’habileté de la Porte?