RETRAITE DES ANGLAIS
Le 26, il s’impatiente. Une barque ottomane devait venir la veille pour prendre les négociateurs anglais; elle n’arrive pas, pourquoi P Les cinq Anglais prisonniers n’ont pas été relâchés, pourquoi ? Il est pourtant d’esprit conciliant ; il ne demandera plus la remise de la Hotte turque et des châteaux des Détroits, ni même l’abandon de la Moldavie cl de la Valachie aux Russes; il se contentera de l’éloignement de l’ambassadeur de France et du renouvellement de la triple alliance offensive et défensive entre la Russie, 1’ Vngleterrë et la Porte L
Le reis-effendi répond enfin que, décidément, il n’y a pas un lieu, pas un pouce de terre dans tout l’empire ottoman où un Anglais puisse descendre sans être exposé à la fureur du peuple, que jusqu’au sein du sérail le sultan même ne serait pas assez puissant pour défendre un Anglais contre l’indignation des musulmans, que d’ailleurs le divan a pris la résolution de ne point traiter avant que l’escadre anglaise ait quitté la station devant Constantinople et repassé les Dardanelles ; « Réponse sublime, lit-on dans le Moniteur, comparable à celle que le sénat romain fit à Pyrrhus. » Et Sébastiani ajoute au récit de ces événements: « Tout s’était fait de concert avec moi et d’après mes insinuations. »