‹ La Politique Orientale de NapoléonChapitre 6 sur 201 · II. — Le « projet grec » de Catherine II · texte numérisé non relu

II. — Le « projet grec » de Catherine II

Car il faut se reporter par la pensée un siècle en arrière et calculer la gravité du danger russe pour l’intégrité de l’empire ottoman ; il faut mesurer le chemin parcouru par

1. Moniteur, G juin 1S06. — Affaires étrangères, Corr. de Turquie, Talleyrand à Ruffin, 12 juin 1806.

les Russes dans le dernier quart du xvui° siècle, et considérer que la vitesse acquise paraissait devoir les porter en quelques | années au Bosphore.

C’est par là surtoul que le règne de Catherine II esl grand, que presque au même titre que Pierre le Crancl elle fut une fondatrice de la politique russe ; son projet grec, plus encore que le testament de Pierre le Grand, a inspiré les tsars du xix° siècle, et il n’est pas sur qu’il ne sera pas au fond des plus intimes pensées de ceux du xxc siècle.

Ce fut une révélation surprenante pour l’Europe, ce fut un fait historique d’une importance capitale que l’apparition de la Hotte russe dans la mer Méditerranée en 1771. Elle était pari ie de Saint-Pétersbourg ; elle avait emprunté des pilotes et des officiers à l’Angleterre, qui alors ne se défiait pas encore de l’ambition moscovite. Elle était venue sur les cotes de la Grèce ; elle avait appelé les Grecs à la liberté et à la croisade ; puis elle les avait abandonnés à la vengeance des Turcs et était allée brûler la flotte du capitan-paclia dans la rade de Tchesmé. Toute l’Europe attendait la nouvelle de l'arrivée des Russes devant Constantinople, peut-être de l’occupation de cette ville et de la délivrance de Sainte-Sophie : car il y a dans l’histoire des hommes tic ces événements soudains auxquels tout le monde s’attend. Les Russes n’osèrent tenter cette fortune ; ils ne parurent pas devant Con stantinople que le baron de Tott et les officiers de l’ambassade de France s’étaient hâtés de mettre en état de défense.

La Porte pourtant resta comme frappée de stupeur, et elle signa, le 21 juillet 177/j, le traité de Ivoutchouk- Ivaïnardji, le premier et le plus caractéristique des contrats où s’est peu à peu déterminée la politique russe dans les Balkans1. Il est utile d’en rappeler les termes essentiels, dont quelques-uns avaient encore, au commencement du xixe siècle, tous leurs eflets : Les Tatars de Crimée, du lvouban, du Boudjak et de l’Iédissan sont désormais indépendants de la Porte ; le sultan de Constantinople reste leur

1. Martens, Les traités de la Russie, VI. — A. Sorcl, La question (l’Orient au A I IIIe siècle, ch. xx.

LE « PROJET GREC » DE CATHERINE II

chef religieux ; mais ils éliront librement leurs khans ; la Russie et la Porte n’entretiendront dans leur pays ni armée ni fonctionnaires. — La Russie obtient Kertch, Ténikalé, Azov, Kinburn et les deux Ixabardies. Elle évacue la Géorgie et la Mingrélie, au sud du Caucase. — Elle restitue les îles de 1' Vrchipel occupées par ses vaisseaux ; mais elle obtient pour les Grecs une amnistie entière, le libre exercice de leur culte, l’exemption des impôts arriérés et une exemption d’impôts pour les deux années à suivre, afin qu’ils puissent consacrer toutes leurs ressources à réparer les ruines faites par leur rébellion et par la répression. — La Russie évacue les deux Roumaines, en partie conquises par ses armées ; mais elle obtient pour elle les mêmes conditions que pour les Grecs ; en outre, les monastères reprendront les biens qui leur ont été enlevés et tous les avantages dont ils jouissaient sous Mohammed IV, « d'heureuse mémoire ». Les hospodars des deux Roumanies ont l’autorisation d’accréditer des chargés d’afiaires près de la Porte, ce qui leur donne des airs de princes indépendants ; et la Russie aura le droit de « parler en leur faveur ». — Le traité accorde encore la liberté du commerce russe dans tous les ports turcs, le droit au gouvernement russe d’établir des consuls et îles vice-consuls partout où il lejugera nécessaire, le libre exercice de la religion orthodoxe russe dans tout l’empire ottoman, le libre accès aux Lieux-Saints, le droit d’ouvrir une église russe à Gala la. — Le souverain russe, reconnu Padiscliah, prendra rang, dans l’étiquette, immédiatement après l’autre empereur d’Europe. — La Porte paiera une indemnité de guerre de quatre millions et demi de roubles, en trois termes. — En résumé, l’indépendance de la Crimée, l’occupation d’Azov, de Kertch cl de Kinburn, ouvraient à la Russie une fenêtre sur la mer Noire, c’est-à-dire sur un domaine que la Porte s’était jalousement réservé depuis des siècles. Surtout la Russie apparaissait comme la protectrice des chrétiens de l’empire ottoman, en particulier des hospodars des Roumanies ; or, si l’on considère que la population de la péninsule des Balkans était en énorme majorité chrétienne, on est disposé à comprendre ces mots de Thugut, agent diplomatique

de l1 Autriche près de la Porte : « Tout l’échafaudage des stipulations du traité de Ivaïnardji est un modèle d’habileté de la part des diplomates russes et un rare exemple d’imbécillité île la part des négociateurs turcs. Par l’adroite combinaison des articles de ce traité, l’empire ottoman devient dès aujourd’hui une sorte de province russe. » Il faut y voir aussi une preuve de l’clïaccment de la politique française à cette date, une atteinte grave à ses privilèges religieux, au prestige de son gouvernement, puisqu’il est solennellement déclaré que, devant la Porte, le souverain russe viendra immédiatement après l’Empereur. De là datent les entreprises des orthodoxes en Palestine en concurrence avec les droits anciens des Latins, et la rivalité entre les protégés de la France et de la Russie : l’histoire en devait remplir tout le siècle suivant. On peut donc regarder le traité de Koutchouk-Kaïnardji comme la hase essentielle de toutes les entreprises postérieures de la Russie dans l’empire ottoman.

Dans l'intérêt de « l’équilibre des Balkans », formule diplomatique qui, si ancienne qu’elle soit, n’a pas encore disparu du langage des gazettes et des protocoles, le traité du 4 mai 1775 donna la Bukow'ine à l’Autriche : c’était le paiement de son intervention au lendemain de l’affaire de Tchesmé ; elle avait alors détourné les coups de la Russie sur la Pologne ; elle y avait gagné la Galicie. La pieuse Marie-Thérèse prenait de toutes mains.

Catherine II fut encouragée par ces brillants résultats ; elle 11’était pas femme à négliger les avantages que renfermait le traité de 1774; elle était bien plutôt disposée à une hâte excessive. Comme Thugut, comme la plupart des contemporains, elle crut qu’il n’y avait qu’un effort à donner pour résoudre ce qui allait s’appeler la question d’Orient. Elle trouva dans l’empereur Joseph II un correspondant complaisant, et ils dressèrent le projet grec, dont les termes définitifs ressortent des lettres échangées entre les deux souverains en 1781 et 1782. Il faut aussi les rappeler, pour établir tout le bilan des dangers dont la Russie menaçait la Porte et contre lesquels la Porte cherchait des appuis. La Russie et l’Autriche ne s’attribuaient aue de petits morceaux de l’em-

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pire ottoman qu'elles traitaient déjà comme une proie tombée : la Russie ne devait prendre que le pays entre le Bug et le Dniestr, Otchakof, et une ou deux îles de l’Archipel dans l’intérêt de son commerce ; l’Autriche ne prendrait que Kliotin, la Petite-Valacliie, Nicopolis, Widdin, Orsova, Belgrade ; elle enlèverait aussi aux Vénitiens l’Istrie et la Dalmatie, et ils recevraient en échange la Morée, la Crète, Chypre et la plupart des autres îles de l’Archipel. Les intérêts delà France dans le Levant étaient tenus dans le plus parfait oubli.

De l’ensemble des possessions européennes du sultan, les deux impériaux rêveurs faisaient deux Etats chrétiens : — La Valachie, la Moldavie et la Bessarabie formeraient un état autonome chrétien sous le nom de Dacie : on laissa dans l’ombre le nom de celui qui en serait le souverain : la tsarine ne voulait peut-être pas le désigner trop clairement, toute prêle sans doute à y exercer l’intérim de la souveraineté, en attendant que ce détail fût réglé. — Le reste de la péninsule était destiné à former l’empire grec, dont le souverain devait être le grand-duc Constantin, petit-fils de Catherine 11, né le 8 mai 1779 ; il était bien entendu que cet empire grec ne serait jamais réuni à la Russie. — Ces deux nouveaux États, Dacie et empire grec, devaient former une confédération, fortement établie sur le Danube inférieur, mais sans pouvoir grever le commerce autrichien sur le fleuve d’aucun droit de douanes jusqu’à son embouchure.

Le projet grec ne fut qu’une manifestation vaine ; il 11'a qu’un intérêt historique et précise les caractères de l’ambition russe. Catherine II tenta pourtant énergiquement de le réaliser ; ce fut le grand dessein de son règne ; elle crut que c’en devait être l’incomparable gloire. Elle ne se mit même pas en peine de prétextes pour commencer l’exécution de son plan, elle n’eut pas les moindres égards pour le gouvernement ottoman, l’ayant dans sa pensée d’avance condamné.

Le 8 janvier 1784, la Crimée fut annexée à la Russie, violation formelle du traité de Koutchouk-Kaïnardji. Les fortifications de Kherson furent augmentées. Sébastopol lui fondé et solidement armé. La flotte russe de la mer Noire

lui développée dans dos proportions menaçantes. Une armée de 100000 Russes, à la lin de 1786, fut massée dans la Kussic méridionale. I n archevêque grec, Boulgaris, fut in Ironise à Ivherson ci cul mission de se tenir en relations constantes avec ses coreligionnaires de l'empire ottoman : il était l'agenl du protectorat religieux de la Russie dans cet empire. Le ministre russe à Constantinople, Boulgakof, entretenait au di\an des intrigues suspectes, corrompait à prix d'argent quelques-uns des principaux fonctionnaires turcs. L'action russe pénétrait au cœur de l’empire turc selon un plan audacieusement conçu et fermement poursuivi.

Cependant, après la répression de la révolte de Pougatchef, le gouvernement de Pétersbourg entreprenait avec la même énergie et la même constance la colonisation de la Nouvelle- Russie. Potemkine régnait, au nom de sa souveraine, sur « l’empire de Tauridc », en faisait étudier et exploiter les richesses agricoles, en peuplait de colons les solitudes jusquelà silencieuses, en faisait sortir, comme d’un coup d’une baguette féerique, des villages et des villes, y traçait des routes, y aménageail les rivières et les fleuves en voies navigables, jetait les fondements de la brillante fortune d’Odessa. Déjà les produits de la Terre-Noire descendaient sur les fleuves \crs la mer Noire, y cherchaient des débouchés vers l’Europe. Le glacier russe glissait, comme une force fatale, vers le Sud.

Catherine II vint constater ces premiers résultats, reçut à Ivherson la visite de l’empereur Joseph II, voyageant sous le nom de comte de Falkenstein, passa sous des arcs de triomphe où elle avait fait écrire « Chemin de Byzance », refusa de répondre aux demandes d’explications qui lui vinrent à ce sujet de la Porte, et fut heureuse enfin de recevoir de Constantinople une déclaration de guerre, le 26 juillet 1787.

Elle espéra que c’était le signal de la croisade suprême ; elle lança avec une ardente foi les troupes de Souvarov sur le Danube. Elle avait l’alliance de l’Autriche, sa plus redoutable rivale, dont les armées entamèrent la Serbie. Elle ne craignait point la France, préoccupée de ses difficultés finan-

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•cières et sociales et bientôt bouleversée par la Révolution. Frédéric II venait de mourir (178G) et son successeur n’avait pas son génie. L’Angleterre n’avait encore aucun intérêt dans la Méditerranée. Il n’y avait pas d’obstacle sur le chemin de Byzance. Le bruit des premières Aictoires de Souvarov parut annoncer la fin de l’empire turc en Europe.

Mais Joseph II mourut en 1790. Son frère Léopold II 11e se nourrissait pas de chimères ; il craignait que la Russie, maîtresse des Balkans, ne fermât à l’Autriche la route de la Méditerranée, les débouchés naturels du bassin du Danube ; il portait son attention sur les événements de France; il prenait intérêt à la situation de son beau-frère Louis XVI; il surveillait les intrigues de la Prusse sur le Rhin ; il avait à réprimer la révolution du Brabant. 11 renonça aux rêves grandioses de son prédécesseur ; il fil de la politique pratique. Il signa avec la Porte, le 4 août 1791, le traité de Sistova : il ne garda, comme fruit des victoires de ses troupes, que Vieil Orsova et le district rie l’Unna.

Il ne voulait point permettre non plus que Catherine 11 réglât la question d’Orient sans lui; il offrit sa médiation, agit de tout son pouvoir pour faire cesser les hostilités, montra à la tsarine, comme au roi de Prusse, la nécessité de prendre des mesures de défense ou d’attaque contre les idées révolutionnaires venues de France. L’occasion, dont Catherine II avait espéré tant de profits, était manquée. Elle dut signer avec le sultan Sélim III la paix de 4assy (9 janvier 1792). Ce ne fut, sauf quelques détails, qu’une confirmation du traité de 1774 : les Russes ne gardaient, de leurs conquêtes, qu’Otchakof et le pays compris entre le Bug et le Dniestr, avec la Crimée, obtenaient le renouvellement des traités antérieurs, notamment la confirmation des privilèges des principautés roumaines. La Porte s’engageait en outre à s’abstenir de toute hostilité contre le tsar de Géorgie et ses vassaux, et assurait au commerce russe des garanties contre les déprédations des corsaires barbaresques.

Le traité de Yassy-ne marque donc pas un important progrès de la Russie vers le Sud ; il est plutôt comme un temps d’arrêt. Les succès de Catherine 11 en ce sens se résument

Dbiault. — Napoléon.

ainsi presque entièrement dans le traité de Koutchouk-Kaïnardji : les clauses en étaient d’ailleurs si heureuses pour la Russie qu’il suffisait d’en attendre les effets naturels ; le développement en fut encore favorisé par l’alliance de la Porte avec la Russie et T Angleterre en 1799 contre la France. Alors la décadence delà puissance du sultan parut se précipiter.

Les hospodars de Moldavie et de Valachie, des Grecs du Phanar, Morousi et Ypsilanli, étaient des agitateurs aux gages, de la Russie1. « Us jetaient l’or au divan à pleines mains, ils préparaient la révolution dans tout l’Empire, » écrivait Sébastiani à son arrivée à Constantinople en 1806. Toute la population grecque y était appelée ; le premier signal venait d’en être donné en Serbie; toutes les autres provinces, le long du Danube, devaient se soulèvera leur tour ; Morousi et Ypsilanli étaient très intimement liés avec l’évêque grec du Monténégro. De la mer Noire à l’Adriatique, il y avait une conspiration générale des populations chrétiennes, sous la direction du gouvernement russe et de ses agents.

Ce n’était pas tout. Le traité de Koutchouk-Kaïnardji avait étendu à la Russie un droit que les capitulations de 1740 avaient réservé à la France, celui de donner à des sujets ottomans, dans l’empire même du sultan, des « barats », c’est-à-dire des patentes de naturalisation ; ces « barataires » devenaient ainsi des sujets du gouvernement français ou du gouvernement russe, échappaient aux impôts et aux lois de la Turquie. Depuis 1774, la Russie avait usé de ce droit dans d’énormes proportions ; elle distribuait chaque année des milliers de barats, enlevait ainsi à la Porte et s’attribuait des milliers de sujets ; elle menaçait d’établir sa souveraineté, sinon sur le territoire du sultan, du moins sur le plus grand nombre de ses habitants ; elle absorbait peu à peu, en vérité, toute la substance de l’empire ottoman.

Pour comble d’infortune, Sélim III, en voulant se défendre par de nouvellés institutions militaires, de plus en plus nécessaires en ces pressants dangers, excitait contre lui les colères

1. Affaires étrangères, Corr. de Turquie, Sébastiani h Talleyrand» au août 180Ü.

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des Vieux-Turcs ennemis de toutes réformes, des ulémas et des janissaires, et avait grând’peine à défendre son trône contre les insurrections musulmanes. Comment la Porte, ébranlée par les assauts des chrétiens et par la rébellion des Turcs, pouvait-elle ne pas être renversée ?

La Renaissance militaire de la Turquie avait été entreprise depuis longtemps. Depuis que les janissaires étaient fixés au sol, ils n’étaient plus des conquérants, même ils défendaient mal les frontières, et l’Empire devenait une proie chaque jour plus facile pour ses voisins. Quand les sultans se voyaient menacés de près par les Russes ou les Autrichiens, ils se mettaient en hâté à lever des troupes nouvelles, à fondre des canons, à garnir les murailles des villes ; puis, dès que le danger s’éloignait, ils retombaient dans leur torpeur, rentraient dans le harem, oubliaient leur devoir. Il semblait même qu’ils ne fussent capables de quelque courte énergie que sous l’inspiration des officiers français qui se trouvaient toujours à Constantinople : ainsi, au temps des guerres contre l’Autriche, au début du xvme siècle, c’était le pacha Bonneval qui avait préparé les victoires de l’année 1739 et la recon quête de Belgrade, dernier grand succès des armes ottomanes1 2; plus tard, lors de l’arrivée de la flotte russe dans la mer Méditerranée, c’était le baron de Tott qui avait mis précipitamment Constantinople en état de défense. Ce fut encore avec des officiers et des ingénieurs français que Sélim III entreprit de refaire la force épuisée de son empire. Avec les ingénieurs Roy et Benoît, il construisit des vaisseaux sur le modèle des vaisseaux français".

Aubert-Dubayet lui amena des officiers, des canonniers, des ouvriers d’artillerie et même des pièces toutes montées La fonderie de Top-Hané fabriqua des canons du système Gribeauval. Le corps des bombardiers, créé par le baron de Tott, fut augmenté. Les canonniers turcs ou topadjis eurent un matériel à peu près européen et surent s’en servir.

1. Cf. A. Vandal, Une ambassade française en Orient sous Louis XV : la mission du marquis de Villeneuve ( 1 7 J 8 - 1 7 4 1 ) .

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