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PRÉFACE XXV

Les co.iditions en varient, certes, de circonstance à circonstance, de nation à nation. En France, les libéraux catholiques ont souvent regretté de ne pouvoir conclure des accords de tolérance mutuelle avec les protestants bien pensants et conservateurs, mais l'essai n'a jamais donné d'autre résultat que l'immobilité ou les convulsions destructives. Au contraire, en Allemagne, le Centre catholique a pu négocier assez utilement avec des luthériens orthodoxes. Là-bas, la communauté du sentiment chrétien peut servir de base à l'union. Ici, quand elle n'inspire pas les plus âpres rivalités, elle aboutit à des marchés de dupe pour les catholiques, comme cela s'est vu au Sillon, et mène à ces infiltrations protestantes analysées par le P. Fontaine. En France, la Réforme est toujours anarchique. Le protestantisme y proteste éternellement. El aussi le déisme, et aussi la « libre pensée ». Ce sont les critiques cl les censeurs du catholicisme et de la France. Quelle alliance, quelle entente conclure avec des microbes toujours virulents? 1

1. On me permettra de signaler à ce point de vue, dans le chapitre IeT de la première partie de ce livre, une espèce de carte des heurts et des rencontres possibles au point de vue politique et social. Certains dogmes en quelque sorte limitrophes, comme le catholicisme et le protestantisme, peuvent déterminer des conceptions pratiques aussi diverses que l'individualisme ou l'organisation, l'anarchie de l'Église, de la famille, de VÉlal, ou le respect de lous les justes liens sociaux. Je n'ai pas à expliquer ni moins encore à justifier le fait.

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