DÉLIMITATION DU TERRAIN
ni à la domination des plus vils. Elle respecte la nature dans ses attributs les plus beaux. Elle concorde avec les lois fondamentales de la société. Pour tout dire d'un mot, c'est la foi catholique. En effet, si je ne puis pas confesser la foi catholique, je n'hésitai jamais à me ranger, selon mon origine et conformément à mes réflexions, dans le nombre des amis du catholicisme. J'ai toujours estimé que le catholicisme avait sauvé le genre humain.
Si je disais de quoi, M. de Lantivy serait probablement choqué. Or, je trouve inutile de choquer aucun d'entre nous quand nous nous trouvons réunis, comme en une Assemblée nationale, dans les feuillets de l'Action française. Quand l'assemblée ne siège pas ou dans l'intervalle de ses séances, chacun de nous rejoint le groupe de son choix et les intelligences de ses affinités. Ici, ceux qui ont pris la responsabilité du groupe commun ont le devoir de réduire à son minimum toute cause de discussion. Ils doivent maintenir les conditions fondamentales de l'action commune. Qu'un Lantivy ou qu'un Hugues Rebell, qu'un Bainville ou qu'un Paul Bourget s'expriment selon leurs natures diverses, voilà un fait inévitable; mais que ces natures se choquent, voilà ce que l'on doit empêcher parmi nous.
On ne discutera ici que les instruments du salut et du bien public. Comme dans ce parti des politiques qui remit Henri IV sur le trône de France, nous ne voulons absolument traiter que
de politique : c'est en affaires politiques que nous considérons les affaires de religion. Or, politiquement, un Français patriote ne connaît aucun autre intérêt religieux que celui du catholicisme.
(Fragment d'une élude sur le Congrès de la Libre Pensée à Rome)
Il ne faut jamais être dupe des mots. Que peuton bien entendre par celui de libre pensée ? De quoi espère-t-on libérer la pensée? Ce n'est point décile-même, de ses lois qui reflètent les lois de l'univers. Une pensée libre de voir ou de ne pas voir, maîtresse de constater ou de ne pas constater; une pensée qui pourrait ou qui voudrait se débarrasser des étreintes de l'ordre qui est établi de la terreau ciel et gravé au fond d'elle-même; une pensée libre delà cohérence, de l'accord avec elle-même, ou affranchie de la rigueur importune du sens critique, ne serait plus une pensée, mais une volonté, un caprice ou une passion. Je ne pense bien que si je pense selon la mesure et dans les chaînes de la raison; je ne pense d'ailleurs que si je pense bien; je pense d'autant mieux que je me montre plus fièrement fidèle à la loi' de toute pensée. Les plus naïfs, les plus fumeux des bons congressistes romains ne peuvent