‹ La Pologne historique, littéraireChapitre 100 sur 180 · LAS PAZ · texte numérisé non relu

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quarante-quatre habitants par lieue carrée, quoique des landes, bois, lacs et marais soient là en disproportion avec le terrain habitable.

En général le pays est plat, et ce n’est que du sôté de la mer que s'élèvent de petits monticules, formés par les alluvions qui retiennent les flots de la Baltique dans ses limites.

Un grand'nombre de rivières arrosent le pays. Leurs sources se cachent dans les lacs qui y sont très-nombreux ; elles ont une pente douce, lente,

leurs lits sont larges, sablonneux, et pour la plupart elles ne sont pas flottables. Une ligne d'élévations peu sensibles partage le pays en deux versants, l'un qui conduit les eaux vers le midi, et l’autre vers le nord.

On remarque sur le versant méridional:

La Drwença, germanisée en Drewentz ; elle court dans la direction.sud-ouest; sa source est à Osterode,et se joint à laWistule près de Thorn, au village de Zlotorya. Elle est flottable. La Drwença fait en partie la limite entre les royaumes actuels de Pologne et de Prusse. Sur ses bords on rencontre beaucoup de ruines,.et de châteaux fondés par les chevaliers Teutoniques.

L'Ossa, petite rivière coulant dans la même direction, afflue dans la Wistule, et baigne le bourg et la forteresse de Grudzionz ( Graudentz ).

Une foule de rivières s’écoulent vers le midi,

et portent le tribut de leurs eaux aux rivières de la Pologne, au Boug et à la Narew. Elles sont pour la plupart flottables. Les plus remarquables sont : Dzialdowka (Soldau), qui, en entrant dans le royaume de Pologne, prend le nom de Wkra ; Orzyca, Skwa, Pissa, Elk (Lyk).

Sur le versant septentrional, nous mettrons en première ligne :

Le Pregel, qui se forme des trois petites rivières : la Pissa, l’Angram et l’Inster ; elle est

navigable depuis Insterburg, et débouche dans

le Frisch-Haff.

|: L’Alla, utile à la navigation intérieure, se

joint avec le Pregel près de Welau.

La Szeszupa sort du palatinat d’Augustowo, forme la ligne frontière, et se perd dans le Niémen.

Le Niëémen (Memel en allemand, Chronus en Jatin }, fleuve national de la Litvanie, chanté par les Weïdalotes, les Prussiens et les Litvaniens. Le Niémen, après avoir baignéles villes de Grodno et de Kowno, arrive en Prusse, charge de lourds bateaux, et les porte dans le golfe de Curisch-

Haff, où il se débouche par plusieurs embouchures. A trois lieues et demie de Tylza (Tilsit) ce fleuve se partage en deux bras qui prennent d'autres noms. L'un de ces bras s'appelle Ze Ross ou Russ, l'autre la Gilga. Quelques géographes ont regardé ces bras du Niémen comme des rivières distinctes. La Gilga se partage encore en trois bras : l’un conserve son nom, l'autre prend celui du Niemonin, et le troisième s’appelle Ze Tawé. Par le grand canal de Frédéric ( Grosserfriederichsqrabe) le Niemonin se joint avec la Deina, rivière canalisée qui débouche dans le Pregel. Le petit canal de Frédéric (Kleinerfriederichsgraben ) joint le Niemonin au Pregel. Ainsi, par le système de canalisation, les deux grands golfes de Prusse, le Frisch et le Kurisch-Haff ont une communication facile et accélérée. Les villes de Krolewiec ( Kæœnigsberg } et de Klaypeda (Memel) peuvent correspondre par eau.

La Wistule, qui coule dans une autre direction à l’ouest, arrive du royaume de Pologne actuel, près de Thorn, fait un coude vers Bydgoszez (Bromberg) où elle reçoit la rivière de Brda,

| qui, par le canal de Bygdoszez, communique avec

la Notec (Netze) et la Warta; celle-ci, par un autre canal, est jointe à l’'Oder. Cette chaîne de canalisation, habilement combinée, s'étend jusqu'à l’Elbe, qui débouche dans la mer du Nord, et lie ainsi les deux mers de l'ancienne ligue anséatique. Mais revenons à la Wistule. De Bydgoszez ce fleuve tourne vers l’est, emporte la rivière de la Czarnawoda (Schwarzwasser ) en vue de la ville de Swiecé (Schwetz), se redresse dans Ia direction du nord, se divise en deux grands bras, dont l’un conserve son nom, et l'autre prend celui de Nogat ; plus bas il s’élance par deux bras dans la Baltique, qui s’avance pour le recevoir, et par deux autres bras avec le Nogat et se perd dans le golfe de Frischhaff.

Il nous reste à mentionner deux petits golfes

qui font la vraie providence du pays. Ils le cow,

vrent des attaques de la Baltique, et viviferi son commerce en formant deux grands ports qu ne désemplissent jamais, excepté en hiver.

Le Frische-Haff (le golfe frais, récent), appelé en latin Sinus, et Lacus venedicus, ou bien Mare recens, et par les anciens Prussiens Het. bibo, s'étend de Koënigsberg jusqu'aux bouches de la Wistule et du Nogat. Sa longueur est de 21 lieues, sa largeur moyenne de 5 lieues. Son lit a peu de profondeur ; l’entrée de la Baltique,

appelée pompeusement le détroit de Gatt, n'a que 42 pieds de profondeur et 1750 mètres de largeur. Les grands navires ne peuvent y entrer ; on décharge à Pillau les marchandises sur les alléges, et on les transporte dans les villes maritimes situées sur le golfe. Une langue de terre, appelé Frische-Nachrung ( presqu'ile récente), sépare le golfe de la mer. D’après l’his-

toire du pays, ce golfe n'existerait que depuis.

l'année 1190, où une tempête affreuse surpassant cette langue de terre forma un golfe.

Le Kurisch-Haff (le golfe Kouronien ou Kourlandais, Kuronska Zatoka en polonais, et Lacus vel Sinus Curonicus en latin) est le second golfe de la Prusse, entre Krolewiec (Koënigsberg) et Klaypeda (Memel\ ; il a 25 lieues de long et 10 de large. Son détroit est de la même largeur que celui de Frisch-Haff, mais la profondeur de ses eaux est de 19 pieds. Il y a beaucoup de récifs et de bancs de sable dans ce golfe; ses eaux sont souvent bouleversées par les bourrasques de la Baltique ; elles sont si fortes, que dans la presqu'ile couronienne ( Kuronska-Kepa) les sables couvrent parfois les huttes des pêcheurs.

Du côté de la mer on rencontre quelques saules chétifs, mais sur le versant opposé il y a des bois de sapins et de bouleaux. Quatre relais de poste, et quelques habitations isolées de pécheurs, forment la population de cette plage stérile.

Mais revenons à la terre ferme.

Le terrain n’est pas le même partout; à l’est il est médiocrement labourable, à l'ouest marécageux et sablonneux; mais tout à coup, à l’exitrême nord-ouest, dans le delta formé par la Wistule et le Nogat, son bras qui tombe dans le Frisch-Haff, le sol devient d'une prodigieuse fertilité, c'est une oasis au milieu des sables. Ce coin de terre s'appelle Wielkie Zulawy ( Gross Werder) dans le district de Malborg. Les Male Zulawy (Klein Werder) font une partie distincte, entre la rive gauche de la Wistule et la petite rivière de la Motlawa (Moltaw), et appartiennent à la ville de Gdansk (Dantzig), ancienne capitale le Ta Poméranie polonaise. Le terrain, riche en produits agricoles, et surtout en herbes potasères et arbres fruitiers, apporte de grands proits au cultivateur ; mais il manque de bois à brûler, on est forcé d'avoir recours à la tourbe qui y abonde. Le bétail est de la meilleure espèce. Tout y prospère. Le paysan, seul habitant de cet Eden, est libre et riche. Pourtant les déborde-

ments de la Wistole y causent des dégâts. Le terrain est bas pendant les grandes eaux, le fleuve inonde les prairies; pour l'empêcher, on a élevé de grands remparts sur les bords. Une commission spéciale est chargée de veiller à ces débordements.

Les forêts, ces lieux de délices et de fêtes, ces sanctuaires des dieux, qui protégeaient les habitants païens de ce pays, ne présentent que le faible reflet de ce que les traditions nous ont transmis. Le glaive des chevaliers Teutons décima les arbres et la population.

— Malgré toutes les dévastations, les forêts occupent encore un sixième du pays, et fournissent d’excellent bois de construction pour les navires et pour d’autres usages. La forêt de Kaparow, dans les environs de Koënigsberg, est la plus renommée du pays.

On rencontre dans ces forêts la biche, le sanglier, le lièvre, le loup, le renard et la martre.

Sur les Lords de la mer on aperçoit souvent des

dauphins et des phoques.

Les rivières et les bords de la mer fournissent toutes sortes de poissons excellents; on dit pourtant que les harengs ont émigré en masse de ces eaux, et qu'il faut les y faire venir de loin. On ne sait pas assigner une cause à cette émigration, on les y sale aussi parfaitement bien que partout ailleurs. |

Les ruches regorgent d’abeilles.

La chaux, le plâtre, la tourbe, le minerai de fer, l'argile, mais surtout l’ambre jaune s'y trouvent en abondance,

Le pays confiné dans les limites de la Wistule et du Niémene jouit pas, malgré sa zone tempérée, d’un climat très-doux; le printemps s'y ressent de l'hiver, l'automne est toujours pluvieux.

Arrêtons-nous maintenant aux divisions géographiques de ces contrées. Non-seulement ce coup d'œil est important pour la connaissance des changements que ce pays a subis à différentes époques, mais il est indispensable pour l'intelligence de l'histoire politique des peuples et des dominateurs de la Prusse. Ainsi nous allons donner cette géographie par ordre chronologique, et nous restituerons aux villes et châteaux leurs noms nationaux, à côté des dénominations, entre parenthèses, imposées par les chevaliers Teutoniques et par la maison électorale de Brandebourg. Ceci prouve évidemment que la Prusse est tout à fait étrangère à l'Allemagne;

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