NAPOLÉON ET LA QUESTION POLONAISE
Avant les partages successifs de la Pologne, et pendant le drame sanglant et infâme où cette vieille république s'effaçait de la carte politique des états européens, on disait de toutes parts et on écrivait que la Pologne devait périr, et ces tristes prophéties s'accomplissaient. Mais ces mêmes hommes, ces mêmes voix qui annonçai nt la mort de la Pologne, ne cessaient, depuis, de réclamer, de prophétiser, de désirer la renaissance de ce pays. Il existe donc chez les peuples une foi mystérieuse, un espoir indéfinissable, une conviction inconnue, mais sympathique, qui sert de précurseur aux grands événements; et (a résurrection s'accomplira, comme s'est accomplie li mort prédite; le passé renferme une époque de douleur, mais l'avenir se montre à nous tout resplendissant de gloire.
Napoléon était l'homme unique pour hâter et accomplir le rétablissement de la Pologne. Les infortunés Polonais comprirent, devinèrent mie Napoléon serait le régénérateur de leur patrie; et s'ils se dévouèrent à lui à l'époque de sa grandeur, ils lui restèrent fidèles au moment suprême de ses malheurs. Napoléon était le chef des Français, et voilà la cause principale de ce dévouement si beau et si persévérant. Ce grand peuple, soutenu par Napoléon, ne devait jamais oublier les intérêts polonais, et tôt ou tard il devait coopérer directement à la renaissance de la Pologne. Est-ce illusion, est-ce un espoir fondé? Ce n'est pas aux Polonais à résoudre cette question: de leur côté, ils out donné toutes les preuves possibles d'une conviction généreuse : leurs sacrifices pour le bonheur, pour la gloire de la France, ont été surhumains! Leurs frères de l'Occident croient-ils qu'ils se sont acquittés de leur dette, et qu'il ne reste plus rien à faire pour U Pologne et pour les Polonais?... Un historien fiançais moderne a dit de la nation polonaise : > Les Polonais sont ainsi : ils se disent d'abord i plu qu'ils n'ont été, mais non pas pins qu'ils * ne peuvent ôtre. C'est une nation de héros ! se » toaol valoir audelù du 1a vérité, mais ensuite