‹ La Pomme, comédie en 1 acte, en versChapitre 6 sur 21 · VÉNUS, MERCURE · texte numérisé non relu

VÉNUS, MERCURE

t VÉNUS.

Que l’air est étouffant!

Toujours le même ciel et ses saphirs moroses! Toujours le même azur! toujours les mêmes roses! Oh! que ne suis-je, ainsi que Diane, parmi Les chasseresses, dans le grand bois andormi Qu’éveillent tout à coup, par les rouges aurores,

Les aboiements des chiens et les grands cris sonores ! Je sens devant mes yeux flotter une vapeur De feu.

(Prenant son miroir. — Avec une moue enfantine.)

Viens, toi, miroir.

(Au miroir.)

Va-t’en.

( Après s’i'tre regardée.)

Je suis à faire peur.

( Elle va pour jeter et ae regarde de

son miroir; mais elle n’achève pas le geste nouveau.)

Cette coiffure est laide.

(Avec accablement.)

Oh! je m’ennuie.

No tombera-t-il pas quelques gouttes de pluie!

MERCURE , il part.

Elle s’ennuie. Elle est maussade. Elle veut voir La nuée en courroux sur la terre pleuvoir.

Elle a ses nerfs! J’arrive à l’instant favorable. Produisons-nous. Allons.

( Regard nnt Vénus avec convoitise.)

C’est qu’elle est adorable !

( Haut.)

Salut, belle Cvpris.

VENUS, très-nonchalamment.

Bonjour. De quelle part

Viens-tu ?

MERCURE, piqué.

De quelle part! De la mienne.

VENUS, d’un ton glacé.

f Jl est tard.

Adieu, seigneur Mercure. Il faut que je me pare Pour le festin des dieux.

M ERCURE.

Ne sois pas sr barbare.

Demeure.

VÉNUS

Que veux-tu me dire?

MERCURE, regardant Vénus avec amour.

Les beaux yeux!

Tel est l’éblouissant rayonnement des cipux.

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