ACTE TROISIÈME
MAX
Vous allez trouver madame Pascaud, et la décider à vous suivre.
MOL
Encore?...
JULIETTE
Gomment? Encore?...
Ce n'est pas encore fini, cette plaisanterie?
MAX
C'est très sérieux !...
MOL
Non!... Vous avez eu, sans doute, une nuit agitée, ou vous êtes restés trop longtemps au soleil, alors vous ne vous rendez pas compte de ce que vous me demandez!... C'est saugrenu!...
MAX
Et si nous vous le demandions en grâce?...
JULIETTE
Si nous vous implorions ?...
MAX
Si nous vous suppliions?...
JULIETTE
Si nous nous mettions à genoux?
Max et Jullietto se mettent tous deux à genoux, à gauche et à droite de Mol.
MOL
Pour que j'enlève madame Pascaud?
JULIETTE et MAX.
Oui.
MOLj au public.
Cesontdes vicieux, des sadiques!... Si jeunes!...
MAX, suppliant.
C'est notre bonheur qui est entre vos mains, Mol !
MOL
Votre bonheur à vous ?
JULIETTE
Oui.
MOL
Je comprends mieux pourquoi vous insistez, mais je ne comprends pas comment...
MAX
Vous n'avez pas besoin de comprendre.
JULIETTE
Dites oui, monsieur Mol !
MOL, hésitant.
Eh bien... (Bon enfant.) Non !...
JULIETTE, agacée, se relevant.
Enfin, formulez vos objections.
MOL
Je n'aime pas cette dame. Je ne veux pas river ma vie à la sienne. J'ai peur de m'ennuyer avec elle!
MAX, qui s'est relevé aussi.
Une femme si cultivée !
MOL
Et puis, mon cœur n'est pas libre. Je peux bien
[SIÈMB
vmiis l'avouer, ;\ vous, puisque toute l'usine le sait : re Clotilde, la dactylographe.
.n'METTE.
EHe est gentille !...
MOL, avrc feu.
;e pas ?
MA X , intervenant.
Ah! Je vous en prie!... Il est question de madame Pascaud !
MOL
Eh bien, non!... Très sincèrement, il n'en est question!... Bonjour, Monsieur et Mademoiselle !
Il remonte et sort au fond gauche.
JLLIKTTE, à Max, désolée.
Vous voyez, il n'y a rien à faire !
MAX, courant derrière Mol.
M 1!... Voulez-vous être riche?
MOL, venait de passer la porte; il rentre aussitôt.
nment ?
MAX
Si vous nous rendez le petit service que nous vous demandons, nous sommes prêts, mademoiselle :aud et moi, à faire quelques sacrifices !...
MOL
Monsieur, ils n'égaleraient jamais le mien!...
Il ressort.
D'en savez-vous
MOL, rentrant sa tête.
Vous avez hérité?.. . Monsieur Templier est mort ?
MAX
Non, mais il m'a donné dix mille francs ce matin. Je les mets à votre disposition.
MOL, referme vivement la porte, rentre, et à Juliette.
C'est vrai, ça ?
MAX, sortant des billets de sa poche, et les posant sur la table.
Les voici.
MOL, comptant rapidement les billets.
Dix mille francs !... C'est quelque chose I... Où faudrait-il aller?
JULIETTE, au hasard.
A Nice!,..
MOL
Pour combien de temps ?
JULIETTE
Pour la vie!...
MOL
Avec dix mille francs ?... Vous plaisantez !
Il remonte.
MAX, lui barrant la route.
Non ! Mademoiselle exagère !... C'est pour deux, trois mois, au maximum.
MOL, s'arrêtant.
Ah!
JULIETTE
Dès que nous serons mariés, vous pourrez revenir...