ACTE IV, SCÈNE IIÏ
Où l'on ne dépend plus du peuple ni du roi , Où, se représentant, on relève de soi; Rang, pouvoir, liberté, la noble récompense!... Pour Lindsey, m'a-t-il dit, c'est à quoi le roi pense.
EDOUARD
Et quand il m'a nommé, vous...
CAVERLY.
Je l'ai laissé là En lui tournant le dos, mon cher, et me voilà.
EDOUARD
Où la corruption est-elle parvenue !
Tous mes actes sont purs et ma vie est connue : Deux hommes, ce matin, viennent me visiter, L'un pour se vendre à moi, l'autre pour m'acheter.
CAVERLY.
Mon honorable ami, qu'est-ce que cela prouve? L'entraînement forcé que pour vous on éprouve ; Tout le monde vous aime , ou vous craint : je conçoi Qu'on désire être à vous ou vous avoir à soi.
Grand, petit, faible, fort, chacun cherche à vous plaire,
Chacun offre un tribut à l'astre populaire
Dont l'éclat le remplit d'espoir ou de stupeur,
Et dont la queue , à moi , me fait surtout grand'peur.
Comment doit-il traiter la sphère que j'iiabite?
Rouvrirez-vous pour nous le gouffre jacobite ?
EDOUARD
Nonv
CAVERLY.
Soûle verez-vous l'océan plébéien?
EDOUARD
Pas plus.
CAVERLY.
Moins, s'il vous plaît; pas du tout: ce moyen Est mon épouvantai! ; par goût, par habitude, Je ne peux pas frayer avec la multitude. Je suis civilisé jusqu'au raffinement :
Plutôt Jacque et les siens , qu'un bouleversement Qui nous ramènerait au gland pour nourriture! C'est mon horreur, à moi, que l'état de nature.