ACTE IV, SCÈNE M
EDOUARD
Il déchaîne le peuple.
MORT INS
il t'affranchit d'un maître!
EDOUARD
En ai-je un , quand ce maître est sujet, comme mol , Du seul pouvoir humain qui régit tout : la loi ?
MORTINS.
Que tout dans le néant rentre donc devant elle !
EDOUARD
Alors courbe la tête, ou tu n'es qu'un rebelle.
MORTINS.
Un rebelle, dis-tu !.. sainte rébellion !
C'est pour le peuple anglais le réveil du lion :
Ce John-Bull tant raillé, si longtemps débonnaire ,
Prend sa chaîne à deux mains, frappe, se régénère ,
Règne et remonte au rang que le ciel lui donna.
Que lui faut-il ? du cœur, des armes ! Il en a.
Le mouvement éclate après les funérailles; Londre, en fureur, se lève au signal des batailles. Si l'armée un moment comprime notre effort, La Cité, grâce à toi, devient pour nous un fort. De l'insurrection le volcan s'y concentre; 11 tonne, et la terreur en partant de ce centre Pour combattre avec toi vient envahir vos bancs. Des soldats ébranlés va décimer les rangs. Qu'il sorte de ta bouche un cri de déchéance, L'armée est peuple ; et , fier de cette indépendance Que lui rend tout à coup ton cri libérateur , L'Etat proclame en toi son nouveau Protecteur!
EDOUARD
Son Cromvvell î
MORTINS.
Ce Cromwell voudra la république.
EDOUARD
Qui t'en répond, Mortins?
MORTINS.
Ton dévoùment civique.
Ta vertu.