ACTE V, SCENE III
CAVERLY, à Edouard.
Votre prisonnière :
Elle vous est acquise et vous l'aurez entière. On fermera les yeux sur son prochain départ...
EDOUARD
Son départ !
CAVERLY.
Mais sa route est une affaire à part:
On veut la lui choisir; à I moins qu'un mariage, Dont on parlait beaucoup , n'écarte tout ombrage ; Auquel cas , plus d'exil ! C'est un cœur converti : L'avenir politique est par vous garanti. Voilà ce qu'elle vient d'écouter en silence; Car j'ai parlé tout seul dans notre conférence.
EDOUARD
Au ministre pourtant vous transmettez son choix?
CAVERLY.
Non ; une révérence, à défaut de sa voix ,
M'a dit, en y mettant une grâce infinie: Privez-moi du plaisir de votre compagnie. X quoi j'ai répondu par un salut bien bas , Qui disait : je comprends, et ne me fâche pas.
SIR GILBERT
•le suis reconnaissant de votre bon office.
EDOUARD
Moi , plus encor.
CAVERLY.
Comment ! c'était une justice.
Vainqueur, le ministère est par vous raffermi, Et certe il ne doit pas vous aimer à demi : Mais ce qu'il aurait fait, il ne peut plus le faire.
EDOUARD
Mon nom dans le conseil serait impopulaire, N'est-ce pas ?
CAVERLY.
C'est absurde, et c'est vrai cependant.
Aussi, quand, de nos jours, on est indépendant.