ACTE II, SCÈNE IX
Votre absence Viendrait-elle attrister le jour de ma naissance?
LADY STRAFFORD
Vous y penseriez peu ; car un grand citoyen Quand il a bien voté ne s'attriste de rien. Mais qui donc nommez-vous?
EDOUARD
Nelbroun.
LADY STRAFFORD
Lui , qu'on déteste !
EDOUARD
Injustement.
LADY STRAFFORD
Ce choix n'en est pas moins funeste.
L'impopularité qui s'attache à son nom , Vous la partagerez , vous mon orgueil ; oh ! non ,
Non, quand l'opinion de palmes vous couronne.
Vous ne pouvez vouloir qu'elle vous abandonne.
EDOUARD
Si pour vous obéir il faut subir sa loi , C'est elle, milady, que vous ainoez en moi.
Ah î je n'aime que vous , mais vous irréprochable . Vous admiré de ceux'que votre force accable , Vous entraînant les cœurs , maîtrisant les esprits, Au faîte du pouvoir, vous, porté par les cris D'un grand peuple opprimé que votre voix délivre. Pardonnez", mon ami, cette gloire m'enivre ; • Je i'airae; elle a pour moi d'ineffables attraits: Mais celte gloire enfin , c'est vous ; je ne saurais La détacher de vous, ni vous séparer d'elle, Et même en l'adorant je vous reste fidèle.
EDOUARD
Quels regards , Julia , quels accents enchanteurs ! Si la Chambre comptait de pareils orateurs , Contre leur ascendant qui pourrait se défendre? Il faudrait leur céder ou ne passles entendre.