SCÈNE NEUVIÈME
SIR GILBERT, EDOUARD
A Londre OÙ VOUS courez, Quel devoir vous attend , quel sort sera le vôtre?... Ne nous séparons pas fâchés l'un contre l'autre : Voilà ma main ; la tienne!
EDOUARD
Ah! je puis tout braver, Tout vaincre.
SIR GILBERT
Voici l'heure où tu dois le prouver.
J'espère en toi : pourtant tu faiblis, on t'entraîne ;
204 LA POPl LARITÉ.
L'honneur est sauf encor, mais l'épreuve est prochaine.
Engagé trop avant , auras-tu le pouvoir
De t'arrêter tout court , si tu crois le devoir ;
Ou , souffrant qu'à son gré le mouvement t'emporte ^
Aux révolutions r'ouvriras-tu la porte?
La plus juste , fatale aux peuples comme aux rois,
JN'est un droit que le jour où meurent tous les droits:
Faite pour les sauver, c'est un effort sublime
Dont on souffre longtemps ; faite sans cause, un crime.
Va donc , va , mon espoir : tiens ce que tu promets ;
Devant mes cheveux blancs ne te démens jamais.
Ton déshonneur, mon fils, plutôt tes funérailles!
Une moindre douleur remûrait mes entrailles ,
Et mieux vaudrait pour moi pleurer en l'éprouvant
Mon fils mort, Edouard , que le pleurer vivant.
Edouard baise la main de son père , qui le suit des yeux avec attendrissement quand il sort. La toile tombe
FIN Dl] TROISIEME ACTE.