‹ La popularité; comédie en cinq actesChapitre 11 sur 57 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Lf.s Memes, THOMAS GOFF, Administrâtes rs des hospices, Chefs de métiers, d’ateliers , etc.

THOMAS GÛFP, A Édouard.

Par saint George !

Si l'attendrissement ne me prend à la gorge,

Je vous en dirai long : c’est un trait, voyez-vous... Un trait, mon député!... quoil nous en pleurions Dieu sait si nous avons épargné les rasades 1 [tous. Laissons cela : le fait, c’est qu’au nom des malades... Au nom des électeurs , au nom de la Cité,

Le fait est que je viens... je viens, mon député, Pour vous dire en leur nom que je... que nous... en

[somme ,

Que... ma foi! touchez-Ià, vous êtes un brave homme. Édouard.

De grand cœur, mon cher GofT,

M’en suis-je bien tiré ?

ÉDOUARD

Au mieux.

THOMAS GOFF

Et je n’avais pourtant rien préparé.

CAVERLY.

Quoi, rien ?

THOMAS GOFF

Foi d’orateur I

Vous parlez à merveille.

THOMAS GOFF

Eh! pas trop mal, mon brave. En rencontre pareille. Un autre eiU écrit; moi, j’improvise toujours : (Montrant Édouard.)

Aussi , c’est qu’on se forme en lisant ses discours. ÉDOUARD, A Thomas GofT, en faisant un pas pour sortir. Vous m’excusez : un soin d’une grave importance...

THOMAS GOFF, qui le retient.

Point d’affaires 1

(A lord Derby.)

Bonjour, milord, et bonne chance!

LORD derby, qui s’incline.

Monsieur Goffl

THOMAS GOFF

Comme lui, touchez-moi dans la main.

Le peuple vous estime, et vous verra demain Qu’en fait d’élection je suis un honnête homme ; Mais si mon député permet que je vous nomme.

u romuiTÎ.

ÉDOUARD, à part, avec impatience.

L’heure passe.

(Plusieurs domestiques, portant des plateaux , parcourent les groupes.)

MORTI5S , A Thomas GofT,

Le punch est-il de votre goût ?

THOMAS GOFF

Certes, quand il est bon.

MORT1MS, aux domestiques.

Qu’il circule partout ;

Offrez 1...

THOMAS GOFF

La bière aussi ; nous la boirons sans honte.

CAVERLY.

Et monsieur le brasseur y trouvera son compte. THOMAS GOFF.

Vous nous raillez, je crois, monsieur du parlement ? Car je vous connais bien.

CAVERLY.

Merci du compliment ?

En est-ce un par hasard ?

ÉDOUARD, A Thomas GofT.

Songez qu’il est mon hâte!...

THOMAS GOFF

Je ne m’attendais pas 5 vous voir côte à côte.

Et que tout opprimé, quel que soit l’oppresseur, Quand je suis quelque part, y compte un défenseur. THOMAS GOrF.

Là ! ne nous fâchons point ; mais que le ministère Boive au premier des lords de toute l’Angleterre !

LORD DERBY, saluant.

Vous me comblez !

THOMA5 GOFF

Pardieu, ce n’est pas vous, milord !

MORTIJtS.

Qui donc?

THOMAS GOFF

Le peuple.

MORTINS.

Au faill...

CAVERLY.

C’est du moins le plus fort I THOMAS GOFF.

A lui vous allez boire, ou le ciel me confonde ! CAVERLY.

Mon très cher monsieur GofT, je bois à tout le mondr. THOMAS GOFF , ainsi que tous ceux qui sont présent». A la sauté du peuple!

CAVERLY.

A sa santé 1

MORTixs, à Caverly, en riant.

Bravo I

CAVERLY, A Mortins.

C’est urgent, car il a le transport au cerveau. THOMAS GOrF, entraînant Édouard vers 1a fenêtre. Parlez-leur !

(Au peuple qui pousse des houras à la vue d'P.riouarri, et l'interrompt par scs cris toutes les (ors qu’il veut parler.)

Taisez-vous!

ÉDOUARD, h la fenêtre.

Mes chers amis...

THOMAS GOFP, furieux.

Les diables !

Je suis...

THOMAS GOFF

Vit-on jamais des enragés semblables!

Édouard.

Je suis touché...

THOMAS coff.

«Sur eux fai perdu mon crédit ;

(A Mortios.)

Mais vous imprimerez tout ce qu’il aurait dit.

ÉDOUARD, à Thomas GofT.

Il y faut renoncer.

(On jette par les fenêtres des couronnes et des branches de laurier.)

THOMAS COFF.

Couronne sur couronne !

Encor 1 toujours I

ÉDOUARD, à Thomas GofT.

Pardon, si je vous abandonne;

Ma voiture m'attend.

THOMAS GOFF, vivement.

Avec vous nous irons.

ÉDOUARD

Mais...

THOMAS COFF.

Nous vous conduirons.

ÉDOUARD

J’ai...

TnOMAS GOFF.

Nous vous traînerons.

ÉDOUARD

Promis...

TnOMAS GOFP.

Pour les narguer...

ÉDOUARD

Que je...

TnOMAS COFF.

Pour les confondre, Nous v ous promènerons aux quai re eoi ns de Ixindre.

ÉDOUARD, a Thomas GofT.

Mon cher J...

MORTixs, à Edouard.

Descends.

ÉDOUARD

Morlins!

NORTINS.

Du moins il faut les voir.

ÉDOUARD, à part.

Quel supplice 1

THOMAS GOFF, l'entraînant d’un côté.

Il le faut.

ÉDOUARD, qui cède..

Allons 1 •

MORTHV3, l’entraînant de l’autre.

C*cst un devoir.

(Ils sortent tous, en poussant des cris, excepté lord Derby el Caverly.)

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