ACTE II, SCÈNE
Sans doute :
Pas d’autre ?
MORTINS.
Vous * milord.
LORD DERBY
Vous, plutét.
MORTINS.
Je m’efface.
Moi !
J’écoute.
LORD DERBY
J’attends.
MORTINS.
Vous répugnez à faire un premier pas ; Je vous l’épargnerai.
LORD DERBY
Je ne vous comprends pas.
MORTINS.
En êtes-vous bien stlrl... Vous aimez la patrie? LORD DERBY.
Comme vous.
A regret vous la voyez flétrie ?
LORD DERBY
A regret.
MORTINS.
Vous feriez tout pour changer son sort.
LORD derby , vivement.
Légalement, monsieur I
MORTINS.
Légalement , milord.
LORD DERBY
Renfermé dans la loi , j’y reste.
MORTINS.
Moi , de même j
L’intérêt du pays étant la loi suprême.
Ne le pensez-vous pas !
lord derby.
Bien des gens l’ont pensé.
MORTINS.
Or , dans cet intérêt vous voulez le passé...
LORD DERBY, vivement.
Monsieur 1
MORTINS.
Moi, l’avenir : donc le présent nous gène.
Il offre des abus.
MORTINS
Que je hais
LORD DERBY
Qui font peint*.
MORTINS
Nos droits foulés aux pieds
LORD DERBY
Je pleure sur nos droits.
MORTINS.
Les hommes qu’on estime éloignés des emplois. LORD DERBY.
LORD DERBY
Et moi donc !
MORTINS
J’en conclus que pour tout mettre en place, Il faut déplacer tout.
LORD DERBT.
Funeste vérité I
Mais sans sortir pourtant de la légalité.
MORTINS.
C’est pour arriver là , qu’en toute confiance ,
Je viens vous proposer un traité d’alliance.
Vous riez?
MORTINS.
Non.
LORD DERBY
Si fait
MORTINS.
Bien n’est plus sérieux.
LORD DERBT.
Vous m’honorez beaucoup.
MORTINS
Je veux vous serv ir mieux.
LORD DERBY
En quoi donc, s’il vous plaît ?
MORTINS
En vous faisant lord-maire.
LORD DERBY
Vous , monsieur !
MORTINS.
Moi, milord.
LORD DERBY
Comment?
MORTINS
C’est mon affaire.
Je m’abandonne à vous.
MORTINS.
Mais entendons-nous bien î A u temps où nous vivons on ne fait rien pour rien. LORD DERBY.
Comme dans tous les temps.
MORTINS.
La Cité, par exemple t
Devient votre royaume.
LORD DERBY
Et j’en veux foire un temple
Où réside la loi.
MORTINS.
Sœur de la liberté.
LORD DF RB Y.
Ils le sont.
Sœur jumelle.
J’admets que dans votre Cité ,
Un jour d'élection , au cortège funèbre D’un amiral , d’un lord , d'un orateur célèbre , Que sais-je ? de Névil...
LORD DERBY
J’y serai.
MORTINS.
Comme nous ;
Et tout homme de cœur y doit être avec vous.
J’admets que pour Névil l’enthousiasme éclate : L'excès en est permis quand c’est la mort qu'on flatte. LORD DERBY.
La vertu.
MORTINS.
Le lord-maire y verrait-il du mal ?
LORD DERBY
Monsieur , l'enthousiasme est légal.
MORTINS.
Très légal.
L’est-il que la Cité , livrée au ministère,
Reçoive dans son sein la force militaire ?
LORD DERBY
Mais...
Cet asile enfin restera-t-ilsacré ?
LORD DERBY
Je voudrais réfléchir.
MORTINS.
Soit ; je réfléchirai Avant d’agir pour vous.
LORD DERBY , vivement.
Névil est mon idole.
MORTINS.
Ab!
LORD DERBY
C'est un dieu pour moi.
MORTINS.
J’ai donc votre parole ?
LORD DERBY
Engagement secret qui reste entre nous deux ? MOB TINS.
C’est dans l’ordre.
LORD DERBY , bas , en lui présentant la main. Agissez.
MORTINS , lui donnant la sienne.
Même but ?
LORD DERBY
Mêmes vœux.
Cause commune ?
LORD DERBY
En tout. Silence à toute épreuve !
MORTINS.
Je resterai muet.
LORD DERBY
Il m’en faut une preuve :
Pas un mot à ma nièce !
MORTINS.
Eh quoi! lady Strafford...
LORD DERBY
Est ici ; mais sachez qu’elle hait à la mort
Tous vos a mis.
MORTINS.
Et moi.
LORD DERBY
La haine politique
N’a rien de personnel.
MORTINS.
N'importe , je me pique ;
Et si milord , ce soir , veut bien me présenter , J’espère en lui parlant..
Ce serait tout gâter ,
Tout perdre !
MORTINS.
Je me rends ; mais l’affaire est conclue ; Du titre de lord-maire , ici , je vous salue.
LORD DERBY
Déjà!
MORTINS.
(A part.)
Comptez snr moi. Le lord-maire ira loin ,
Ou je le briserai.
LORD DERBY
Je vous prends à témoin [ Que j’accepte sans rxainte un poste difficile.
(A pan.)
Je n’eulre en fonction que si tout est tranquille.
(Haut.)
On vient.
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