ACTE
Sans que j’ose arrêter lu prison qui m'emporte , On me fait par trois fois passer devant sa porte ! Mais que m’a dit milord ? que je reste ; et pourquoi ? Veut-il m’entretenir? Non, Julia, c’est toi,
Toi seule ; et je le sens au trouble de mon amc. Ces travaux où l'orgueil trouve un plaisir de flani-
[ nie ,
Leur charme inspirateur, leurs succès palpitons , Le cèdent en ivresse à de si doux inslans.
LADY STRAFFORD , qui est sortie en grande parure de son appartement , et qui est Tenue pas A pas , pendant ces derniers vers , s'appuyer sur le fauteuil de Lindsey.
Édouard , est-ce irai ?
ÉDOUARD , qui se 1ère.
Vous ! c’est bien vous 1 LADY STRAPPORD.
Oui , celle
Qu'autrefois vous aimiez.
ÉDOUARD
Que je revois plus belle.
Mais pourquoi ce retour si long-temps différé ,
Ce silence mortel qui m’a désespéré ,
Et qui , mêlant le doute aux ennuis de l’absence , M’a presque laissé croire à votre indifférence ?
Je ferai cet aveu , je vous le jure ; mais...
Parlez.
LADY STRAFFORD
Vous l’attendrez , sans m’y forcer jamais.
ÉDOUARD
Vous jouer de ce cœur dont vous êtes maîtresse, N’est-cc pas abuser de sa folle tendresse;
Et , frtl-il à vos yeux digue de châtiment.
Ne le traitez-vous pas trop rigoureusement ?
LADY STRAFFORD
Mais j’ai lieu d’être aussi quelque peu mécontente ; N’avez-vous pas tantôt bien trompé mon attente?
ÉDOUARD
Ix* peuple m’entrainait; comment le gouverner?
A notre rendez-vous fallait-il l’amener?
LADY STRAFFORD
Non, le peuple est un tiers qui gêne un tête-ii-têtc ; Il est beau cependant d’avoir fait sa conquête. Vous régnez presque , alors je n’ai qu’a demander Pour obtenir?
ÉDOUARD
J’attends ; vous pouvez commander.
LADY STRAFFORD
Que mon oncle par vous sur ses rivaux l’emporte.
KDOl'ARD, apres une pause.
Je ne puis rien pour lui.
LADY STRAFFORD
Le vœu public le porte.
Édouard.
Nos camps sont opposes.
la run uhti.